Sokodé, ville située dans la région centrale, à environ 340 km au nord de la capitale, continue de se soustraire du cercle vicieux de pauvreté. Ceci grâce à des actions concertées de certains acteurs au rang desquels, l’ONG Alaffia. Le 13 Mai dernier, un reporter d’Africa rendez-vous était dans la ville, avec des responsables de l’ONG pour apprécier les actions menées en faveur des femmes surtout.

Elles sont nombreuses, ces femmes qui font tourner un centre artisanal de fabrication de batik, un site de transformation des matières premières locales, qu’il s’agisse du karité, du coco ou encore du neem. Ceci, grâce à Alaffia. L’objectif, promouvoir un développement communautaire inclusif, la réduction de la pauvreté avec en toile de fond, la promotion de l’équité genre.

Dans l’univers Alaffia

Que ce soit à travers le programme Global alliance for community empowerment (GACE),qui s’occupe de la santé maternelle, environnement et éducation ou encore le centre artisanal “Queen Alaffia”, les femmes sont à l’honneur. De l’étape de sélection des graines de karité, leur lavage, la torréfaction, le broyage en passant par le malaxage à l’eau tout comme l’extraction de l’huile de karité, l’ambiance de travail est de liesse et dynamique.

Ces femmes se disent soulagées et épanouies grâce à ces différentes activités qui leur permettent confie-t-elles, de contribuer à financer la scolarité de leurs enfants à un moment où tout devenait vraiment difficile.

En voyant les résultats qu’Alaffia donne dans le milieu, je me rends compte que sauver une vie n’est pas chose aisée

Des femmes commerçantes confient qu’avant l’arrivée de l’ONG Alaffia, les graines de karité se vendaient aux femmes Peuhls. Ces dernières fixaient leurs propres prix les contraignant à des dettes qu’elles n’arrivaient plus à rembourser.

Quant aux vendeuses de noix de karité, un mécanisme de commerce équitable est mis en place et leur permet de gagner 20 % sur chaque kilo vendu.

Pour le président directeur général de l’entreprise Alaffia, Olowo’n’djo Tchala, c’est pour eux une obligation morale de contribuer au développement de cette communauté mais aussi une exigence du marché américain et d’investir dans le social. « En voyant les résultats qu’Alaffia donne dans le milieu, je me rends compte que sauver une vie n’est pas chose aisée » a-t-il reconnu.

Du social business

En effet, l’ONG Alaffia n’est que le volet humanitaire de l’entreprise, préoccupée par le bien-être des populations locales. Cette organisation non-gouvernementale dispose d’une usine de production aux États-Unis leur permettant de distribuer leurs produits cosmétiques aux Etats-Unis et dans des pays européens. Une partie des revenues issues des ventes est d’office reversée au profit des communautés de base afin d’améliorer leurs conditions de vie.

Une femme bénéficiaire, à l’œuvre

L’ONG Alaffia compte à ce jour 672 employés et collabore avec plus de 11000 collecteurs et producteurs dans plusieurs zones d’intervention à l’instar de Dapaong, Sokodé, Blitta, Aneho au Togo et Borga au Ghana.

Nous organisons régulièrement des séance de sensibilisation à l’endroit des femmes pour la prise en charge de leurs enfants

A ce jour, l’ONG est arrivée à prendre en charge près de 4500 femmes enceintes et 4400 nouveau-nés. Ces femme, vivant dans une situation de précarité, et dont bon nombre sont excisées, ont été suivies de près durant leur période de grossesse jusqu’à l’accouchement.

A en croire Hortense Santos, directrice des opérations à l’ONG, Alaffia à travers le Global alliance for community empowerment (GACE), travaille sur trois volets notamment la santé maternelle, l’éducation et l’environnement. « Nous organisons régulièrement des séance de sensibilisation à l’endroit des femmes pour la prise en charge de leurs enfants », a-t-elle souligné.

Marlène Tagba, est bien satisfaite car confie-t-elle, Alaffia a volé à sa rescousse alors que son deuxième accouchement fait sans moyens, à la maison et sans soins appropriés qui a d’ailleurs abouti à un mort-né. « Le projet d’Alaffia m’a permis de me payer mes frais de consultation et d’accouchement », se réjouit cette femme, aujourd’hui, mère de 4 enfants.