Les ordinateurs amortis ont une seconde vie en Tunisie. Ali, Hichem, Maher, Mejdi et Rjab quatre jeunes tunisiens se sont donnés pour mission de redonner vie aux ordi amortis et déchets informatiques celle de valoriser les déchets informatiques. Ainsi, disent-ils, ils participent non seulement à la préservation de l’environnement et de la santé, mais permettent aussi à des familles de régions défavorisées d’accéder au monde du numérique, à moindre coût ou même gratuitement.

Tout est parti du jour où un père de famille avec un budget modeste voulait acheter un ordinateur à son fils et qui au final n’a pu se procurer que d’une pseudo-machine du souk”. De là le groupe d’amis va alors récupérer un vieil ordinateur chez une entreprise locale et le remettent en marche.

Convaincus de l’impact de leur geste, les jeunes entrepreneurs maintiennent leur activité durant deux ans “avec les moyens du bord. Il aura donc fallu qu’ils bénéficient en 2016, d’une subvention pour acquérir un local, recruter 2 salariés et de se procurer le matériel nécessaire pour le lancement du projet Sociordi.

“À travers Sociordi, 2 écoles, 4 clubs associatifs, 4 étudiants chercheurs et près de 60 jeunes ont pu acquérir des ordinateurs bureautiques ou portables gratuitement à Mahdia, mais aussi dans d’autres zones défavorisées de la Tunisie”, affirme Ali Sakka et d’ajouter: “Nous avons permis à 6 entrepreneurs et informaticiens de se procurer des ordinateurs performants à des prix raisonnables”.

“Nous visons à faire don de 30 ordinateurs par mois”, c’est l’objectif de Sociordi, mais ce n’est pas évident, déclare Ali au HuffPost Tunisie. “Malheureusement, aujourd’hui, ce n’est pas le premier réflexe de ces entreprises de faire don de leurs ordinateurs amortis, et pour les administrations publiques, c’est un chemin sans issu pour l’instant”, se désole le fondateur de l’entreprise.

Heureusement, Sociordi bénéficie de l’appui de quelques entreprises locales et nationales et même des particuliers. En renouvelant leurs stocks informatiques, ils n’hésitent pas à faire don de leurs machines informatiques et périphériques, que Sociordi remettra sur le marché après leurs reconditionnements.

Les e-déchets, ou déchets électroniques, constituent un fléau pour la santé. La fabrication d’un seul PC nécessite au moins 240kg de carburants fossiles, 22kg de produits chimiques et 1500kg d’eau, selon une étude menée par des chercheurs de l’Organisation des Nations Unies.

En Tunisie, le recyclage des déchets électroménagers et électroniques est mal géré, si ce n’est inexistant. Morched Gargouj, ingénieur en environnement et président de l’association SOS Biaa, souligne que la mauvaise gestion des déchets, comme l’incinération, est très dangereuse, surtout pour la santé. Ces appareils contiennent des métaux comme le plomb, le mercure, le cadmium ou le béryllium, des matières dangereuses et polluantes.