Des citoyens africains continuent par faire face à des obstacles dans leur quête d’avoir accès à la justice. C’est la nouvelle analyse d’Afrobaromètre, publiée ce 13 mars 2017, qui l’affirme.

Sur la base d’un module spécial portant sur l’accès à la justice, l’enquête, menée dans 36 pays africains, identifie les longs retards, les frais élevés, la corruption, la complexité des processus légaux, et le manque de conseils juridiques comme entraves majeures aux citoyens à la recherche de solutions à leurs litiges devant les tribunaux.

En général, la qualité et l’ampleur de l’accès à la justice sont moins bonnes dans les pays les moins démocratiques et dans des situations post-conflictuelles. Mais même la plupart des pays qui affichent les meilleures performances ont encore beaucoup de chemin à faire avant de pouvoir prétendre répondre à l’appel de l’Objectif du Développement Durable No. 16 des Nations Unies qui vise « l’accès à la justice pour tous ».

A travers 36 pays, une petite majorité (53%) des Africains expriment leur confiance envers les tribunaux, mais dans 10 pays, 40% ou moins ont cette confiance. Un sur trois répondants pense que « la plupart » des juges et magistrats ou « tous » sont corrompus.

1 sur 8 citoyens environ (13%) rapporte avoir eu affaire aux tribunaux durant les cinq dernières années. Ce taux est seulement de 4% au Burkina Faso et de 6% au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Les taux de contacts dans certains groupes marginaux (les femmes, les illettrés) sont encore moins élevés.