Si près mais si loin, c’est sans doute la réflexion qui anime des millions d’Africains après un dimanche électoral riche et varié sur le continent. Au moment où une partie de la communauté internationale était occupée à célébrer ce 20 mars, la journée internationale de la francophonie, la déclaration de Bamako consacrée à la gouvernance politique dans cet espace était en train de subir de nouveaux tests.

Les expériences avaient lieu dans des laboratoires du Congo, du Niger, du Sénégal et du Bénin. Au final, certains comme le Sénégal ont juste eu le temps de confirmer tandis que les autres qui n’ont pas surpris ont aussi confirmé tout ce qu’on pensait d’eux. Mieux, le Congo a inauguré une forme d’isolement territoriale en se faisant couper du reste du monde. Comment comprendre l’initiative de fermer toutes les issues de télécommunications et de parler en même de transparence un jour d’élection au Congo? Comment s’assurer de l’équité d’un processus au Niger avec le challenger du Président sortant derrière les barreaux puis sur un lit d’hôpital ?

Réunis le 3 Novembre 2000 dans la capitale malienne, les Etats francophones ont proclamé le lien étroit et indissociable entre francophonie et démocratie. Ils sont allés plus loin en prenant l’engagement d’œuvrer pour le principe de transparence comme règle de fonctionnement des institutions et surtout en période électorale. Malheureusement, il est connu que l’habitude est une seconde nature. Mais aux sorties de ce dimanche électoral, les motifs de satisfaction existent. Et ils sont nombreux de Cotonou à Dakar. Si le 1er est le nouveau chantre de la démocratie de l’espace francophone depuis plus de 20 ans, le second est une vieille école sur le continent noir. Il y a une époque, certains milieux politiques européens et des courants afro pessimistes pensaient que la démocratie est un standard trop élevé et trop éloigné des frontières africaines. De nouvelles réponses relativisent fortement ces courants. En réalité tout n’est-il pas dans la volonté politique ?

Annoncé comme l’un des tests les plus dangereux de l’ère démocratique au Bénin en raison de la présence parmi les candidats de Lionel Zinsou présenté comme le porte étendard de Paris, la présidentielle béninoise s’est révélée au final comme une grande réussite africaine. En reconnaissant très rapidement sa défaite (chose rare), le candidat du pouvoir à contribuer à faire entrer un peu plus dans l’histoire un processus qui a également connu pour la 1ère fois un débat télévisé. A Dakar, pendant ce temps, le référendum pour la révision constitutionnelle non pas pour allonger les mandats présidentiels mais pour les raccourcir, est venu compléter un beau tableau laissé aux autres pays francophones d’Afrique. Ce tableau qui n’est pas à vendre, est un cadeau laissé par les donateurs Béninois et Sénégalais.

Avis aux collectionneurs avertis. Francophones de tous les pays, ressemblez-vous ?