Sous le soleil de plomb de l’après-midi, Lucina Tongore marche à travers une pépinière, où elle arrose des semis d’arbre. Elle nous accueille avec ces mots: « Ces jeunes plants de manguiers déposés au coin sont déjà réservés ». Madame Tongore dirige un groupement d’entraide féminin. Elle affirme que depuis que leur groupement a entendu parler la culture de la patate douce, du manioc et des matériaux végétaux de banane exempts de maladies, leurs familles jouissent d’une plus grande sécurité alimentaire.

Le comté semi-aride de West Pokot, au Kenya, est connu pour être une région d’élevage. Mais plusieurs habitants ont perdu leurs troupeaux à cause des voleurs de bétail et des sécheresses prolongées.

Le groupement féminin a commencé à produire des cultures l’an dernier, et leur réussite suscite l’intérêt des autres habitants.

« La sécurité alimentaire est un enjeu important ici. Nous avons décidé de planter des arbres fruitiers et des cultures résistantes à la sécheresse comme le manioc pour renforcer notre résilience », confie Madame Tongore.

Le ministère de l’Agriculture, la Kenya Agriculture and Livestock Research Organization et l’Anglican Development Services leur ont apporté un soutien technique.

L’organisme de recherche a fourni des boutures de patates douces et des tiges de manioc que le groupement a multipliées et distribuées à ses membres.

Les patates douces comprennent les variétés jaune et orange que les membres du groupement font bouillir, griller ou utilisent pour faire des chips.

Le groupement encourage chacun de ses membres à cultiver ces denrées dans son propre champ.

Lorsque d’autres habitants manifestèrent leur intérêt, le groupement aménagea la pépinière et vendit de jeunes plants de manguiers greffés, de papayers et de bananiers.

L’accès à l’eau pour l’arrosage de la pépinière constituait leur principal défi. Toutefois, Bayer East Africa leur fit don d’une ombrière et d’une citerne d’eau, leur permettant ainsi de résoudre ce problème.

À Markit, une autre localité de West Pokot, des jeunes hommes cultivent du chou et du sukuma wiki, un légume-feuille vert.

L’association de jeunes formée de 14 membres cultive une variété de chou qui pousse bien dans la région. Ils cultivent le chou sur une ferme de trois quarts d’acres qu’ils ont louée et qui produit 20 000 têtes de chou.

Joshua Ouko est coordonnateur de projet de l’Anglican Development Services, un des organismes qui travaillent avec les autorités de comté, en vue de promouvoir l’agriculture dans la région. Selon lui, la présence humaine excessive sur les champs de pâturage, les sécheresses fréquentes et le vol de bétail rendent l’activité d’élevage moins attrayante, et créent un besoin de solutions de rechange.

« Nous envisageons un certain nombre d’activités tels que l’horticulture, l’élevage de bétail, l’aviculture et la pisciculture pour remplacer le pastoralisme », a-t-il ajouté et de soutenir que la pisciculture est une nouvelle activité dans la région qui pourrait améliorer la nutrition et les revenus des habitants.

Jeferry Lepale est le responsable de l’agriculture et de l’irrigation du comté. Il affirme face à la reprise de l’activité agricole, les autorités du comté investissent dans le système d’entreposage frigorifique pour minimiser les pertes après récolte, surtout parce que la commercialisation pose un problème à la majeure partie des agriculteurs.

 « Nous sommes en train d’aménager un entrepôt d’oignons pouvant contenir la production de jusqu’à 1 000 producteurs d’oignons, ainsi qu’un entrepôt frigorifique pour les patates douces. »

Monsieur Lepale ajoute que les autorités ont l’intention de construire une mini usine de transformation pour apporter de la valeur ajoutée aux patates douces. De plus, dans certaines régions, elles distribuent gratuitement de jeunes plants de caféiers pour promouvoir la culture du café.

La présente nouvelle est adaptée d’un article intitulé « Women in Pokot embrace farming to ward off hunger, » publié par Daily Nation. Pour lire l’article original.