Ce phénomène porte un nom, le chemsex. En augmentation, il toucherait tous les milieux et de plus en plus les jeunes.

Contraction de « chemical » et de « sex », le chemsex est une pratique qui consiste à avoir des relations sexuelles sous l’emprise d’une drogue. Autrefois prisée par la communauté gay, le milieu du X et une certaine catégorie de quadras aisés, elle prend aujourd’hui de l’ampleur chez les jeunes à la recherche de sensations de plus en plus fortes.

Surtout depuis une dizaine d’années avec l’accessibilité des nouveaux produits de synthèse sur Internet et à leurs coûts bas, comme la drogue appelée “sels de bain”, en réalité de la poudre ou des cristaux qui contiennent des substances chimiques dérivées du qat, et les cannabinoïdes présents dans certains médicaments. Ces substances dopantes se sont ajoutées à tous les produits qui existaient déjà, comme la cocaïne, l’ecstasy, les poppers et le GBL (solvant gamma-butyrolactone), adoptés par une jeunesse à la recherche de plaisirs suprêmes. Pour un danger extrême !

Perte de contrôle
Si ces substances ont au départ un effet désinhibant souvent apparenté à la fête, les lendemains déchantent. « L’euphorie et l’excitation sont bien au rendez-vous. On se croit le plus fort du monde, décrit le spécialiste. Mais cela va d’abord entraîner des conduites à risque : perte de contrôle, absence de protections… C’est la porte ouverte aux maladies sexuellement transmissibles et aux situations scabreuses. »

Risque d’addiction
« Et quand les effets retombent, poursuit-il, la descente est douloureuse à tous les niveaux. Car le vrai danger, c’est qu’il n’y a plus de limites. Tout est bon pour doper sa libido, devenir un marathonien du sexe et vivre des expériences intenses. On court après leurs effets stimulants et ensuite, on ne peut plus arrêter la machine. » Dans la plupart des cas, tout cela conduit à un usage répété, excessif et addictif.

Graves répercussions
Une addiction très dangereuse et immédiate sur le plan psychique d’abord, avec, en contre effet, des pics d’anxiété, des hallucinations et des tentations suicidaires car ces psychotropes agissent sur le cerveau. Sur le plan physique ensuite, à plus ou moins longue échéance, avec des risques de problèmes cardiaques, vasculaires et cérébraux. Sans compter que « ces produits qui promettent monts et merveilles sexuellement peuvent avoir plus tard des incidences majeures sur l’érection et la libido ». Tout le contraire des effets escomptés !

Source: Femina