Plénière au parlement de la CEDEAO

Fatoumatta Njai, le nom semble ne rien dire de grand mais la dame est député gambienne qui participe elle aussi aux travaux du parlement de la CEDEAO à Abuja au Nigeria. Là, la dame s’est offusquée de la position attentiste de la CEDEAO vis-à-vis de la situation critique que traverse le Togo.

Pour cette élue du peuple gambien, il est clair que pour une élection d’être crédible, l’intégrité du processus électoral doit être sauvegardée. Elle n’a pas hésité de comparer la situation qui prévaut au Togo à celle traversée par les gambiens, il y a quelques mois.

« Comparé à la Gambie, je comprends aisément ce que traversent les Togolais dans ces moments de crise politique et je le martèle chaque fois, la CEDEAO est une honte même si j’en fais partie. Nous sommes assis en train de regarder un pays exploser. Si nous restons encore assis à regarder nos enfants se faire tuer, parce-que pendant que nous nous parlons les Togolais manifestent et nombreux d’entre eux sont tués. Nous préférons nous assoir ici parler du Togo mais on n’ose pas parler réellement de ce que les Togolais endurent », a débité le député.

Elle a aussi qualifié de vague, le rapport pays présenté sur le Togo qui selon elle, ne fait que des analyses politiques sans pour autant dire quoi que ce soit sur l’aspect humanitaire.

« Ils disent qu’ils respectent les droits de l’homme au Togo ? Moi je dis qu’ils ont menti. En tout cas, ils ne sont pas au Togo », a-t-elle insisté et d’inciter ses paires à l’action. « Pendant que nous parlons, plus d’une trentaine sont encore derrière les barreaux. Certains y sont depuis plus d’un an et n’ont pas encore été jugés et j’appelle ça une véritable atteinte aux droits de l’homme au Togo et une honte pour la CEDEAO que nous sommes et devrons faire quelque chose pour les nôtres ».

Elle n’a pas aussi passé sous silence la composition de la Commission électorale nationale indépendante composée de 17 membres dont 8 représentants de l’opposition, 8 au parti au pouvoir et le dernier est celui de l’administration. « L’administration et le parti au pouvoir ne font qu’un et c’est du subterfuge de croire que le représentant de l’administration fera outre que la position du parti au pouvoir », a-t-elle relevé et d’ajouter qu’il faut que les conditions d’organisation du scrutin soient crédibles car selon elle, tous les conflits de la sous-région émanent dans la majorité, des élections ou des conflits de succession ou pouvoir.