Des militaires à la marche de l'opposition au Togo

La crise politique que traverse le Togo, petit pays de l’Afrique de l’ouest, gouverné par un seul régime depuis 1967, a connu une nouvelle tournure le 20 Septembre 2017. Une répression des manifestations de l’opposition au nord du pays, surtout à Mango environ 550 km de la capitale, suivie de bastonnade dans les maisons ont contraint des centaines à quitter le pays pour le Ghana voisin.

Un premier bilan des affrontements entre corps habillés et manifestants, présenté par le ministre togolais de la sécurité Yark Damehane fait état d’un enfant de 10 ans  tué, et de 10 personnes blessées dont quatre par fusils de chasse et 6 par armes de guerre.

A ces chiffres, s’ajoute, selon des témoignages recueillis par la rédaction d’Africa rendez-vous, le décès d’un jeune homme de 14 ans. Selon les mêmes sources qui ont requis l’anonymat, des militaires sont nuitamment rentrés dans les maisons pour bastonner tous ceux qui s’y trouvaient. “A l’heure où je vous parle, nous tous sommes hors de la ville de Mango. Des femmes sont de l’autre côté du fleuve Oti“, nous confie-t-on.

Selon d’autres indiscrétions, ils sont une centaine de jeunes manifestants à avoir traversé la frontière pour trouver refuge au Ghana espérant que la situation se décante.

A Mango, des motos ont été brûlés par des manifestants et le bureau du parti au pouvoir, UNIR réduis en cendres.

Des personnes non identifiées ont brulé des boutiques tenues par les jeunes de même qu’un camion berne.

A Lomé, sur les principales artères que devront emprunter les manifestants de l’opposition, des militaires ont été massivement déployés, certains munis de gourdins, d’autres armes au poing.

Depuis quelques semaines, le Togo traverse une crise sans précédent avec l’opposition qui mobilise des milliers de Togolais dans les rues pour réclamer le retour à la Constitution de 1992. Les députés du parti au pouvoir ont voté l’avant-projet de loi du gouvernement ouvrant la voie à un référendum, jugé comme un “piège à con”.