Après la sortie de la décision de la cour pénale internationale d’autoriser la Procureur d’ouvrir des enquêtes sur le Burundi, le gouvernement du Burundi n’a pas tardé de réagir pour s’inscrire en faux contre cette décision via le ministère de la justice.

Le samedi 11 novembre 2017 une marche  de protestation de grande envergure a été effectuée au chef lieu de toutes les provinces du pays où une foule de burundais ont fait le tour des villes en brandissant des écrits et scandant des slogans contre la CPI : “Au revoir CPI”,  “le Burundi vient de faire une nouvelle révolution”, “CPI laisse-nous tranquille nous n’avons plus rien de commun”.

A cette occasion le gouvernement au travers du ministère de l’intérieur et de la formation patriotique a donné un message – lequel message réaffirme la ferme décision du Burundi de ne jamais coopérer avec la CPI dans ses enquêtes et de se battre ongles et bec pour défendre la souveraineté nationale.

Le pouvoir de Bujumbura ne semble pas faire cavalier seul. La communauté est-africaine dont le Burundi est membre condamne la décision de la Cour, indiquant qu’elle s’ingère dans les affaires de l’EAC sans consulter les dirigeants de la région.

Le président de la Tanzanie John Pombe Magufuli n’a pas mâché les mots : « la situation au Burundi n’est pas si mauvaise comme cela est rapporté. Plusieurs réfugiés qui étaient en Tanzanie sont déjà rentrés ou continuent de le faire ».

Nonobstant, du côté de l’opposition radicale dont les leaders s’étaient réjouit de cette décision de la cour pénale internationale, c’est l’indignation après avoir entendu les propos des présidents tanzanien et Ougandais. Jérémie Munani, candidat indépendant  aux élections de 2015 avant de les boycotter indique que : « la CPI n’avait pas à consulter ou obtenir l’autorisation des dirigeants de l’EAC pour ouvrir une enquête sur le Burundi, qui n’a rien à voir avec un éventuel dialogue inter-burundais parce que ce sont deux procédures radicalement différentes ».

Pour ce leader de l’opposition, ça doit être une plaisanterie de la part des chefs d’Etats de l’EAC car c’est au delà de la compréhension que ces présidents veuillent que les criminels évitent des poursuites.