Des manifestants dans les rues de Lomé en 2017

Le rapport 2017-2018 d’Amnesty International sur le Togo n’est pas du tout rose. Le pays est une fois encore épinglé. Les autorités sont accusées d’user d’un recours excessif à la force pour réprimer les manifestations pacifiques publiques mais aussi, de faire entorse à la liberté d’expression et d’encourager l’impunité.

« Comme les années précédentes, les forces de sécurité, armée comprise, ont usé d’une force excessive et meurtrière pour réprimer et disperser des manifestations pacifiques. Elles ont fait évacuer des contestataires avec violence, frappé des membres de l’opposition et maltraité des journalistes », peut-on lire dans le nouveau rapport, disponible sur le site d’Amnesty International.

Cette Organisation non gouvernementale internationale rappelle que les autorités togolaises ont continué de réprimer le droit à la liberté d’expression. « Elles ont, de façon arbitraire, fermé des médias et arrêté des dirigeants associatifs et des leaders de l’opposition en raison des opinions dissidentes qu’ils exprimaient », précisent-elles tout en soulignant que Lomé2 avait fait bloquer l’accès à internet pour empêcher des militants et des journalistes de signaler des violations.

Et, Amnesty International indique que le Togo encourage fortement l’impunité et précise que les autorités n’avaient toujours pas pris la moindre mesure pour identifier les responsables présumés des violations des droits humains – y compris en ce qui concerne la mort de près de 500 personnes – commises au cours des violences ayant émaillé l’élection présidentielle de 2005.

« D’après les informations disponibles, aucune des 72 plaintes déposées par des familles de victimes auprès des tribunaux d’Atakpamé, d’Amlamé et de Lomé n’a donné lieu à une enquête exhaustive », relève le rapport qui encourage le Togo à s’engager expressément à protéger les droits aux libertés d’association, d’expression et de réunion pacifique.