Marie-Angélique Savané cette militante politique et féministe sénégalaise, bien connue pour son franc-parler surtout son engagement, n’est pas allée du dos de la cuillère lors  de la cinquième édition du forum du G5 Sahel qui s’est déroulé à Dakar ce 6 novembre 2018. Pour elle, il faut bien libérer le continent, le rendre autonome, lui qui ploie soutient-elle, toujours sous le joug de la colonisation.

La question de l’autonomisation de l’Afrique a été bien au cœur du débat sur la question de la sécurité et du développement de l’Afrique. Pour un meilleur développement du continent et bien faire assoir sa souveraineté et partant, garantir la sécurité des fils et filles, Marie-Angélique Savané propose trois approches de solution.

« Il y a une faillite des États africains dans leur forme actuelle, ce n’est que la continuité de l’Etat colonial tel qu’il existait mais dans une version africanisée et nationale », a regretté Marie-Angélique Savané. Pour y remédier, elle propose d’allier à la fois la puissance de l’Etat à la participation des citoyens dans tous les domaines. Ce qui, selon elle, peut permettre à l’Etat de connaitre mieux la population afin de répondre à ses besoins. Selon elle, les processus démocratiques qui demandent une base d’expression de liberté de droit sont souvent incompatibles avec les besoins de développement dans les Etats africains.

Et, sur la mission et le rôle de l’armée au sein et envers la population, elle propose de créer un consensus entre l’Etat et sa société à travers les négociations et médiations pour établir un contrat social. Elle dit également souhaiter la matérialisation de la notion d’armée de développement, pour relever les défis sécuritaires pour une Afrique debout et unie.

Pour Marie-Angélique Savané, une synergie entre les cadres nationaux et internationaux est plus que nécessaire pour ne plus laisser “d’autres décider pour l’Afrique ailleurs”. « Dans les organisations internationales, on développe des stratégies qui sont pensées par des universités européennes et américaines et après on convoque un sommet pour vendre aux chefs d’Etat qui ne peuvent pas dire grand-chose parce que ça devient une forme de conditionnalité ».