Le boulevard circulaire de Lomé, après la marche du 5 Octobre 2017

La scène s’est produite dans la nuit du 9 au 10 décembre 2018 et semble passer inaperçue même dans la presse locale. Des jeunes, mieux des conducteurs de moto-taxi communément appelés “zemidjans” ont été bastonnés par des militaires. Une situation qui a failli mettre le feu aux poudres dans ce quartier populaire de Lomé, réputé acquis à l’opposition.

Il sonnait 3h du matin ce lundi 10 décembre 2018 que des militaires ont choisit de bastonner des jeunes conducteurs de zémidjans au carrefour du marché de Bè. Ces conducteurs stationnés dans la station d’essence non opérationnelle de Oando, en ont vraiment fait les frais. Plusieurs témoignages recueillis sur place soutiennent que les militaires ont bastonné ces conducteurs, “sans motif”. Ceci, “en silence”, à l’abri des caméras.

L’information s’est propagée comme une trainée de poudre dans ce quartier contestataire. Au petit matin, des jeunes ont érigé des barricades sur le boulevard en pavé Houphouêt Boigny, brûlant des pneus. Les traces de brulé et de cendres étaient encore perceptibles sur la voie.

Les forces de sécurité, déployés en nombre avec d’autres militaires n’ont pas hésité à user de grenades lacrymogènes et dégager la chaussée.

La situation avait même contraint l’administration du marché central de Bè à fermer les grilles du marché dont seulement deux entrées n’ont été ouvertes que vers 11 heures pour permettre aux quelques dames qui venaient d’installer leurs marchandises sur les étalages. Plusieurs boutiques étaient restées encore fermées.

Je suis là mais j’hésite à tout déballer parce-que je ne sais pas encore si c’est juste une calme apparent, ça craint la situation dans laquelle nous sommes dans le pays en particulier dans ce marché“, raconte dame Tanti Foli, revendeuses de pagnes et tissus dans le marché devant un étalage, visiblement à moitié achalandé.

Tanti Foli déroulant son étalage au marché de Bè

A Lomé comme dans plusieurs villes du pays, la tension reste perceptible dans cette période de campagne électorale pour les législatives du 20 décembre contestées par la coalition de 14 partis de l’opposition. des manifestations de rue du samedi 8 décembre ont fait au moins 4 morts selon le parti national panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam.