Payadowa Boukpessi, Ministre de l'administration territoriale

Les marches de protestation sont désormais interdites au Togo, les jours ouvrés. Ainsi en a décidé le gouvernement togolais. L’information a été portée à la presse le 10 Octobre 2017 à Lomé. Cette décision intervient pendant que l’opposition annonce une marche de protestation en direction des bureaux de la CEDEAO à Lomé.

« En semaine, nous ferons en sorte que les manifestations se fassent en un lieu fixe. C’est prévu par la loi. La loi est très claire dessus (…) Et en week-end, samedi et dimanches, les manifestants peuvent faire comme d’habitude, marcher et meetings », c’est en substance ce qu’a déclaré le ministre de l’administration territoriale, Payadowa Boukpessi.

Le ministre souligne que ceci ne fait en aucun cas entorse à la liberté de manifestation auTogo mais plutôt, une décision motivée par le devoir de protéger les manifestants mais aussi au même moment, les non manifestants. Ceci, après avoir dressé le bilan des dernières manifestations qui selon son rapport, est essentiellement constitué de casses, de voie de fait, d’intimidations, de pare-brise de voitures caillasées.

Même son de cloche du côté de son collègue de la sécurité Yark Damehane. “Ce que nous déplorons, c’est cette violence qui accompagne les manifestations que certains appellent pacifiques. Pacifiques veut dire paix. Mais quand des gens qui n’ont rien à avoir avec manifestations se trouvent bloqués, agressés, violentés, ce n’est pas normal”, a regretté le ministre de la sécurité.

Au même moment, l’opposition appelle à une marche avec pour point de chute, les bureaux de la représentation de la CEDEAO, le 18 Octobre 2017. une manifestation qui, selon la coordinatrice de CAP 2015, Kafui Adjamagbo Jonhson, est pour aller dire à la CEDEAO que les Togolais n’apprécient pas que l’Institution pousse le gouvernement à fixer la date du référendum.

Devant la presse, la coalition des 14 partis politiques a aussi récusé l’envoie de la mission de l’OIF sensée arriver au Togo le 10 Octobre. Ils soulignent ne pas être contre l’OIF mais la chef de mission Aichatou Mindaoudou Souleymane qui rappellent-ils, a cautionné la victoire contestée de Faure Gnassingbé au lendemain du coup d’État de 2005.

Mais, sur la question le gouvernement est resté évasif.