Kueku Banka Johnson, directeur du CETEF Lomé

Du 28 Juillet au 11 Août 2017, se tiendra sur le site du Centre togolais des expositions et foires de Lomé, communément appelé Togo 2000, la seconde édition de la Foire du “Made in Togo”. Cette deuxième, couplée aux premières rencontres nationales du numérique et des objets connectés se veut une véritable opportunité d’affaires des start-ups togolaises qui pourraient aussi caresser l’opportunité de s’exporter sur le marché américain. Echanges avec le directeur du Centre, Kueku Banka Johnson. Il est avec Kayi Lawson.

La foire du “Made in Togo”, certains le comprennent, d’autres, non. De quoi s’agit il ? 

Lorsqu’on parle de foire, on parle surtout d’une exposition de produits, dont l’objectif est de permettre la promotion de ces produits. Donc lorsque nous parlons de la foire made in Togo, dans ce vocable, vous avez foire et vous avez made in Togo. Made in Togo, c’est tous les produits qui sont issus de l’environnement productif togolais et faisons référence à l’agriculture, la transformation, l’agro-industrie et l’artisanat. Nous irons également au niveau des services. Pour surtout cette foire que nous avons couplé avec le numérique, l’occasion est également donnée aux opérateurs, aux jeunes startups surtout qui sont dans le domaine de développement des applications numériques d’être également là.

Nous voulons à travers cette foire, valoriser la production togolaise, permettre aux opérateurs économiques qui sont dans le domaine de la production, dans le domaine de la commercialisation des biens et services localement produits d’exhiber ces produits, avec pour but d’encourager la consommation. Tant que nous n’avons pas une connaissance exacte du produit, on ne peut pas aller à sa consommation. La foire du made in Togo c’est de permettre au public de prendre connaissance de ces produits et comme c’est une foire, les producteurs, les intermédiaires et les commerçants de ces produits sont là, et ils vont expliques, ils vont donner toutes les informations sur les caractéristiques, la qualité du produit pour encourager à ce que ça soit consommé.

Il est démontré que nous importons plus que nous exportons. Il nous faut donc renverser la courbe et encourager la production locale.

Si nous prenons l’exemple du riz, le Togo importe beaucoup de riz. Il contribue au déficit de la balance commerciale parce qu’on consomme beaucoup de riz importé. Hors aujourd’hui, la preuve est là, dans certains bas-fonds du Togo, il y a ce riz qui est produit et qui ma foi, est de bonne qualité. Il y a du riz parfumé cultivé au Togo. Mais si la population n’a pas connaissance de cela comment elle peut aller à sa consommation? Ce sont donc des occasions de ce genre qui doivent permettre à ce que ces produits locaux soient promus, donc nous visons la visibilité, la promotion des produits localement fabriqués pour encourager et motiver leur consommation.

Nous sommes à quelques heures de l’ouverture de cette foire…

Bien évidemment ! Et les préparatifs vont bon train. Au niveau des rencontres nationales du numérique, nous avons surtout enregistré des jeunes startups dans le domaine du développement des applications. Ils ne sont pas trop nombreux mais une dizaine quand même et pour un début c’est une bonne chose. Ils auront à montrer ce qu’ils savent faire avec des applications. Une application doit servir à résoudre un problème, donc ils viendront exposer leurs applications et nous invitons le public à venir les visiter et à leur poser toutes les questions nécessaires pour la compréhension de la destination de leur application.

Pour cette deuxième édition de la foire made in Togo, qu’est-ce que vous y mettez comme particularité?

Le DG du CETEF avec la responsable de “Jant Bi Energy”

Il y a le numérique qui est au centre de cette deuxième édition. Et pour cette édition, il s’agit de faire en sorte que les participants à cette foire puissent d’abord échanger entre eux. Depuis la première édition il y a eu beaucoup d’échanges entre eux, et jusqu’à ce jour, ils continuent par procéder à l’échange des produits. Il y a certains qui sont des producteurs, aujourd’hui, ils vendent ce qu’ils produisent à des intermédiaires, à des transformateurs qui se sont rencontrés sur le site de la foire ici. Donc c’est ce que nous visons. Nous souhaiterions que cette édition aussi puisse permettre cette continuité, permettre aux opérateurs entre eux de pouvoir se connaitre, d’échanger entre eux, en vue de valoriser la production locale. Tout compte fait, il faudrait qu’à la fin de cette foire également qu’on puisse nous dire que nous avons beaucoup échangé entre nous, nous avons trouvé des visiteurs professionnels avec qui nous sommes en contact.

Rappelons que la première édition a permis à certains aujourd’hui d’être des exportateurs de mangues séchées, tout simplement parce qu’il y a eu des visiteurs professionnels qui sont venus les voir et aujourd’hui ce sont des containers de mangues séchées qui partent vers l’extérieur, grâce à cette foire. Il y a des opérateurs de la première édition qui ne seront pas présents cette année parce qu’ils disent que ce sont les conséquences positives de l’édition de l’année dernière. Ils ont tellement eu des commandes qu’aujourd’hui ils courent pour pouvoir satisfaire ces commandes là.

Qu’est-ce qui motive la prorogation de cette édition de quelques jours ?

Les stands de la foire du Made in Togo, prêts

La foire ne finira plus le 07 mais plutôt le 11 août 2017, tout simplement parce que, comme vous le savez le Togo accueille le 16ème forum AGOA. On aura des visiteurs qui viendront de 37 pays africains mais aussi des États-Unis d’Amérique. La foire était censée prendre fin le 07 et le 08 déjà doit commencer le forum, donc le gouvernement nous a demandé de proroger cette foire de quelques jours pour quand même permettre qu’elle soit visitée par les délégués au forum AGOA.

C’est une aubaine parce que ces participants au forum AGOA seront pour la foire made in Togo, des visiteurs professionnels. C’est une des opportunités de contact et ça peut déboucher également sur des exportations. Et le marché américain qui est ouvert à nos opérateurs économiques du fait de l’AGOA, peut également être intéressé par ces produits et il aura certainement des professionnels qui seront là et qui peuvent être intéressés par certains produits et qui peuvent commencer par étudier la possibilité de faire exporter ces produits vers le continent américain.

A quoi s’attendre pour cette deuxième édition ?

Nous avons des conférences et la plupart de ces conférences sont destinées aux participants. Pour affronter le marché d’une façon générale, il faut que les produits soient d’une certaines qualité.  Et lorsque vous voulez aller surtout sur le marché international, il faut le respect des normes. Si vous ne respectez pas les normes, vous ne pouvez pas accéder au marché international car ce dernier est protégé. L’union européenne a ses normes, les États-Unis ont les leurs. Donc tant que les normes ne sont pas respectées, on ne permet pas à ces produits d’aller sur ces marchés même pas pour assurer la concurrence.

Jonhson Kuéku-Banka, directeur du CETEF

La plupart des exposants sont des jeunes entrepreneurs qui font l’effort de produire mais il faut qu’ils aient la connaissance des normes et les qualités requises pour pouvoir non seulement aller sur le marché international mais même le marché local. Il ne faut pas faire consommer du n’importe quoi à la population, donc nous avons demandé à des spécialistes de venir leur parler de l’existence des normes, de ce qu’il faut faire pour pouvoir les respecter? et de quoi ils ont besoin pour accéder au marché internationale, un marché d’ailleurs très rigoureux.

Un message à quelques heures de l’ouverture de cette foire?

Ce que nous pouvons dire, c’est d’inviter surtout les visiteurs. Nous invitons le public local à visiter la foire. Ils ont l’impression que c’est du déjà connu, mais ce n’est pas évident parce que nous même les organisateurs, nous avons découvert à la première édition, beaucoup de produits que nous ne connaissions pas du tout. Et, nous ne savons même pas ce que nous réserve cette édition, c’est à partir du vendredi 28 juillet, qu’on verra s’il y a encore ces surprises. Que le public local ne laisse pas seulement la chance aux touristes, ou à nos frères et sœurs de la diaspora. Nous souhaiterions vivement que nous-mêmes qui sommes dans le pays puissions passer visiter et encourager nos frères et sœurs qui font d’excellent travail, en ce qui concerne la transformation des produits.

Merci!