La Tanzanie est sommée de protéger les personnes lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT). La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a exprimé son inquiétude concernant la traque des personnes LGBT dans le pays.

Le commissaire régional de la ville de Dar es Salaam, Paul Makonda avait annoncé la mise en place d’un comité pour traquer et arrêter les personnes homosexuelles et encourager les personnes à signaler ceux qu’ils soupçonnent d’être gay. Une situation qui choque aux Nations-Unies.

« Les personnes lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres en Tanzanie font déjà l’objet de violences, de harcèlements et de discrimination croissants au cours des deux dernières années », a déclaré Michelle Bachelet dans un communiqué de presse. « Et ceux qui défendent leurs droits à la santé, à une vie exempte de discrimination, de violences et d’arrestations arbitraires sont eux-mêmes de plus en plus visés, voire arrêtés », a-t-elle ajouté.

Pour la Haut-Commissaire, de telles traques et arrestations  pourraient se transformer en une chasse aux sorcières et pourraient être interprétées comme un permis de violence, d’intimidation, de brimades, de harcèlement et de discrimination à l’encontre de personnes considérées comme des LGBT.

Mme Bachelet a exhorté le gouvernement tanzanien à s’acquitter de son obligation de protéger les droits fondamentaux de toutes les personnes vivant sur son territoire, notamment en tenant pour responsables les personnes qui prônent la haine et la discrimination ainsi que les auteurs de violences. Selon la Haut-Commissaire, le gouvernement doit veiller à ce que les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes et les prestataires de soins de santé puissent mener à bien leur travail essentiel, à l’abri des attaques et de la persécution.

Le plan annoncé par le gouvernement tanzanien comprend également des tentatives visant à « soigner » les homosexuels – une pratique condamnée comme nuisible, contraire à l’éthique et sans fondement scientifique par le Comité contre la torture et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La cheffe des droits de l’homme de l’ONU a averti qu’une telle politique pourrait stigmatiser davantage les personnes LGBT.