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L’Afrique subsaharienne enregistre une progression de l’inclusion financière, portée par la téléphonie mobile. C’est l’un des constats majeurs du rapport Global Findex 2025 publié par la Banque mondiale. Dans une région longtemps marginalisée par les systèmes financiers classiques, la digitalisation des services bancaires change désormais la donne, ouvrant la voie à une transformation économique silencieuse.

Selon ce rapport, 58 % des adultes en Afrique subsaharienne détiennent aujourd’hui un compte bancaire ou un compte mobile, contre 49 % en 2021. Une avancée de neuf points en seulement trois ans, alors que la proportion d’adultes titulaires d’un compte d’épargne a elle aussi grimpé, atteignant 35 %, soit une progression de 12 points. Des chiffres qui confirment que l’épargne et les transactions numériques s’installent durablement dans les habitudes.

Cette évolution s’inscrit dans une dynamique mondiale. Dans les économies à revenu faible et intermédiaire, 40 % des adultes ont versé de l’argent sur un compte d’épargne en 2024, contre 24 % en 2021. Parmi eux, 10 % épargnent désormais via un compte mobile, soit deux fois plus qu’en 2021. En toile de fond, la téléphonie mobile, dont le taux de pénétration explose. Le rapport révèle que 86 % des adultes possèdent un téléphone mobile, et 68 % un smartphone.

« L’inclusion financière peut transformer une économie tout entière. Et la finance numérique est un levier puissant, si toutes les conditions sont réunies », estime Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale.

Un levier pour l’épargne, l’emploi et l’innovation

Cette montée en puissance ne se limite pas à l’ouverture de comptes. Elle s’accompagne d’un changement de paradigme à savoir les particuliers deviennent acteurs du système financier. Leur épargne alimente désormais les banques et les institutions de microfinance, favorisant l’investissement, la création d’entreprises et l’innovation locale.

« Jamais autant de personnes n’ont eu accès à des outils financiers qui leur permettent d’investir dans leur avenir », observe Bill Gates, président de la Fondation Gates, qui soutient l’initiative Global Findex.

Le rapport met également en lumière la réduction des disparités de genre. Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, le taux de possession de compte chez les femmes est passé de 37 % en 2011 à 73 % en 2024. Un pas de géant vers une finance plus inclusive.

Des risques numériques à ne pas négliger

Si la finance numérique progresse, elle n’est pas sans risques. Le rapport note que la moitié seulement des utilisateurs protègent leur téléphone par mot de passe, exposant leurs fonds à des fraudes ou des pertes. Dans un continent où les cyberattaques deviennent plus sophistiquées, la sécurité numérique reste un enjeu majeur.

Autre défi, c’est l’infrastructure. La connectivité reste inégale, notamment dans les zones rurales, et les systèmes de paiement doivent encore être renforcés pour garantir la fiabilité et l’instantanéité des transactions.

Le rapport cite plusieurs exemples inspirants comme l’Unified Payments Interface (UPI) en Inde ou PIX au Brésil, qui permettent des transferts d’argent instantanés, simples et sécurisés. De tels systèmes pourraient servir de modèles pour les pays africains, afin de faciliter les paiements de masse, les aides sociales ou les salaires publics.

Voltic Togo