Lomé a accueilli, du 24 au 26 septembre 2025, une conférence internationale qui a réuni près de 100 participants venus d’Afrique et d’Occident autour du thème : « La jeunesse face aux réalités de l’économie politique africaine : Proposer des solutions syndicales pragmatiques, collectives et inclusives ». Une rencontre initiée par la Confédération syndicale internationale – Afrique (CSI-Afrique), avec comme objectif, placer les jeunes au cœur des choix stratégiques pour le développement du continent.
Au fil des échanges, les participants ont rappelé que l’Afrique, jeune par sa démographie, doit pouvoir compter sur l’énergie et la créativité de ses nouvelles générations pour relever les défis économiques et politiques. « Le syndicalisme, souvent perçu comme un modèle dépassé ou affaibli, doit être réhabilité et repensé avec la jeunesse et les femmes en son centre », a déclaré Anselme Amoussou, secrétaire général adjoint de la CSI-Afrique.
L’idée maîtresse selon lui, est que le changement attendu en Afrique ne viendra pas de l’extérieur, mais de la volonté collective des jeunes de s’organiser, d’agir et de participer activement à la gouvernance.
Des recommandations fortes
Les jeunes délégués ont formulé plusieurs recommandations, parmi lesquelles :
- Renforcer les comités de jeunes au sein des centrales syndicales, les dynamiser là où ils existent et les créer là où ils sont absents.
- Encourager la jeunesse à s’intéresser à la politique, non pas comme un espace de compromission, mais comme un lieu de négociation et de transformation.
- Développer le plaidoyer syndical en lien avec les institutions régionales et internationales, afin que la voix de la jeunesse africaine pèse dans les décisions.
- Former et outiller les jeunes militants pour qu’ils puissent entreprendre des actions concrètes et efficaces dans leurs pays respectifs.
- Rompre avec la passivité, dénoncer les injustices et pousser les décideurs à prendre en compte les préoccupations de la jeunesse, notamment sur des questions comme la dette ou la gouvernance.

Pour Aboum Bonkano Abdoul-Kadri, membre du comité des jeunes de la CSI-Afrique et représentant de l’Union des syndicats des travailleurs du Niger (USTN), cette conférence ne doit pas être un événement de plus. « Une action vaut mille mots. Nous avons l’intention de relayer les décisions dans nos pays, de sensibiliser la base et de rester connectés pour construire un véritable réseau d’influence », a-t-il confié.
Une volonté de continuité
La CSI-Afrique s’est engagée à accompagner cette dynamique à travers des programmes de formation, des projets de renforcement de capacités et un plaidoyer soutenu auprès des organisations régionales comme l’Union africaine. Son leadership actuel a inscrit la jeunesse, la place des femmes, la gouvernance et l’environnement au cœur de son mandat.
Les participants sont unanimes sur le fait que si cette volonté politique et syndicale se concrétise, la jeunesse africaine pourra transformer son potentiel en véritable levier de changement, au service du bien-être collectif et non d’intérêts particuliers.














