Lomé, la capitale togolaise accueille du 24 au 26 septembre 2025, la Conférence régionale des jeunes de la CSI-Afrique. Ce rendez-vous qui rassemble des jeunes syndicalistes, des activistes panafricains, des universitaires, ainsi que des partenaires institutionnels et sociaux, a pour objectif de penser aux défis de l’emploi, de la migration, du changement climatique et de la transformation numérique, tout en redynamisant le rôle des syndicats dans l’accompagnement de la jeunesse africaine.
Avec plus de 60 % de la population âgée de moins de 25 ans, l’Afrique est le continent le plus jeune du monde. D’ici 2050, près d’un jeune sur trois dans le monde sera africain. Un atout démographique immense, mais qui reste encore sous-exploité.

Le chômage massif, la précarité, l’informalité et le manque d’opportunités mettent en péril cet avantage. « Ces jeunes sont exposés à la précarité, aux risques liés au travail informel et au chômage. Cette conférence vise à porter une réflexion rigoureuse autour de ces questions », a expliqué Rodin Abalo Terrain, président du comité intersyndical des jeunes du Togo et membre du comité mondial des jeunes de la CSI.
Des défis multiples et interdépendants
Les syndicats africains sont appelés à se réinventer pour rester pertinents auprès de cette jeunesse. La CSI-Afrique encourage ainsi l’organisation des travailleurs de l’économie informelle et numérique, tout en plaidant pour des politiques d’emploi solides, fondées sur le travail décent, la protection sociale et la résilience climatique.
« Nos recommandations vont d’abord aux organisations syndicales nationales : elles doivent donner la voix aux jeunes dans les instances de décision, afin que leurs priorités soient prises en compte dans les politiques publiques », a insisté Kera Hodabalo Tchanoutema, président du comité intersyndical du Togo.

D’après le vice-président de la CSI-Afrique, Mamadou Soro, au-delà du chômage, les jeunes doivent affronter les effets du changement climatique, de la migration forcée, mais aussi les bouleversements liés aux nouvelles technologies et au travail sur plateforme. « Les jeunes ne sont pas seulement victimes de la crise climatique, mais doivent être considérés comme des acteurs majeurs de la lutte pour la justice climatique », a rappelé M. Soro.
Vers un renouveau syndical
La conférence doit aboutir à une Déclaration commune des jeunes syndicalistes africains, qui va proposer des solutions concrètes en matière d’emploi, de migration, de formation et de participation politique. Elle devrait aussi poser les bases d’un réseau panafricain de jeunes syndicalistes, afin de renforcer le partage d’expériences et la solidarité au niveau continental.
Au-delà des constats, il s’agit de transformer l’atout démographique africain en une véritable force pour le développement économique, social et politique du continent.














