Le Togo intensifie sa lutte contre le paludisme, principale cause de mortalité infantile dans le pays. Avec l’introduction officielle du vaccin antipaludique R21/Matrix-M dans le Programme élargi de vaccination (PEV), les autorités veulent mettre un terme à l’hécatombe qui frappe chaque année des milliers d’enfants de moins de cinq ans.
En 2023, le pays a enregistré plus de 2,14 millions de cas de paludisme et 3 456 décès, selon le Rapport mondial sur le paludisme 2024. Les enfants représentent la majorité des victimes à plus de 65 % des décès concernent les moins de cinq ans.
« Il est important de prévenir cette maladie chez les enfants », a rappelé le ministre de la Santé, Tchin Dare, soulignant que cette décision s’inscrit dans le Plan stratégique national 2023-2026 visant à libérer les familles du fardeau du paludisme d’ici 2030.
Un vaccin pour sauver des vies
Administré gratuitement en 4 doses dès l’âge de cinq mois, le vaccin est désormais déployé dans les 39 districts sanitaires du pays. Pour la première année, environ 270 000 enfants sont attendus.
Le Togo devient ainsi le 22e pays au monde à introduire ce vaccin recommandé par l’OMS, qui viendra compléter les autres mesures de prévention qui sont la distribution des moustiquaires imprégnées, pulvérisations, chimioprévention et la prise en charge précoce des cas.

Pour Erinna Corinne Dia, Représentante résidente de l’UNICEF au Togo, l’introduction du vaccin contre le paludisme au Togo renforce la protection des enfants contre cette maladie évitable, qui continue de faire des victimes chez les enfants de moins de 5 ans. «L’UNICEF s’engage à soutenir les efforts du gouvernement pour garantir que chaque enfant vivant au Togo, filles comme garçons, quel que soit leur lieu de résidence, ait accès aux soins de santé essentiels et ceci dans le respect de l’équité. Quant aux agents de santé communautaire, votre engagement est primordial pour la vaccination complète de nos enfants », a-t-elle laissé entendre.
Même son de cloche du côté de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon Kiswendsida Romain Hilaire Ouedraogo, Coordonnateur Systèmes de santé, l’OMS reconnaît l’ampleur du paludisme en tant que problème de santé majeur. «C’est pourquoi elle s’est engagée dans la lutte contre cette maladie. L’OMS félicite le Togo qui s’apprête à introduire le vaccin contre le paludisme dans la vaccination de routine. Je tiens à vous assurer de l’engagement de l’OMS à fournir le soutien nécessaire à la mise en œuvre des programmes nationaux de lutte contre le paludisme ».
Une mobilisation collective
Cette avancée est rendue possible grâce au soutien de partenaires tels que Gavi, l’organisation mondiale de la santé (OMS), le fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), l’aide médico-psychologique (AMP), Malaria Consortium et OPT-MVAC. « Aucun enfant ne doit être laissé pour compte dans la lutte contre la maladie la plus meurtrière d’Afrique », a affirmé Soundardjee Riswana, Responsable pays de Gavi.
Les autorités misent aussi sur la sensibilisation des familles et l’engagement des communautés. Clubs de mères, leaders locaux et agents de santé communautaires sont mobilisés pour encourager la vaccination complète des enfants.
Avec cette introduction du vaccin si les objectifs de couverture sont atteints, le pays pourrait réduire considérablement la mortalité infantile liée au paludisme et offrir une nouvelle chance de survie à des milliers d’enfants.














