Dans un contexte mondial marqué par la dégradation des ressources naturelles, la transition vers une agriculture durable devient urgente. Le Togo, à l’instar d’autres pays du Sud, n’échappe pas aux impacts du changement climatique qui sont entre autres, la déforestation, épuisement des sols, perte de biodiversité, instabilité des saisons agricoles. Face à ces défis croissants, l’agroécologie apparaît comme une alternative viable et résiliente.
Pour appuyer cette transition, l’ONG Solidarité en action pour la lutte contre la pauvreté (SALUT), avec l’appui de son partenaire ASTM dans le cadre du programme « Pouvoir d’agir », a lancé un atelier de formation destiné aux journalistes. L’objectif est de renforcer les capacités des professionnels des médias sur les impacts du changement climatique sur l’agriculture et les solutions que propose l’agroécologie.
« L’idée, c’est de faire des journalistes des vecteurs d’alternatives durables. Ils ont un rôle stratégique pour sensibiliser les populations et interpeller les autorités sur les enjeux agroécologiques », souligne Zimore Issifou, ingénieur agronome et chargé de programme agriculture durable et environnement à l’ONG SALUT.
L’agroécologie : une réponse systémique
Plus qu’une simple technique agricole, l’agroécologie repose sur une approche intégrée, elle valorise les savoirs locaux, favorise la diversité des cultures, limite les intrants chimiques et encourage la complémentarité entre agriculture, élevage et environnement. Dans un système agroécologique, la résilience face aux chocs climatiques et économiques est renforcée.

« Un producteur qui diversifie ses cultures, maïs, bananes, papayes, élevage, peut mieux faire face aux aléas. Il peut vendre du bois issu de ses haies ou transformer ses récoltes. C’est un modèle d’avenir pour les petits producteurs d’Afrique », explique Zimore Issifou.
Mais l’essor de cette agriculture durable se heurte à plusieurs obstacles, selon M. Issifou. Il cite l’accès à la terre non sécurisé, manque d’intrants biologiques, difficulté d’écoulement des produits sur le marché et une faible transformation locale. Pour y répondre, SALUT promeut les marchés biologiques de proximité, la formation à la fabrication d’intrants naturels, et encourage la recherche pour produire des données scientifiques sur l’efficacité des pratiques agroécologiques.
Le rôle clé des journalistes
Pour changer les mentalités et les politiques, les médias sont des acteurs incontournables. C’est tout le sens de cette session de formation. Elle vise à doter les journalistes d’outils pour produire des contenus de qualité sur les enjeux environnementaux, rendre visible les efforts des agriculteurs engagés dans la transition écologique, et promouvoir des récits engagés sur l’agroécologie.
« Il est temps que les journalistes se saisissent pleinement de ces questions. L’agroécologie n’est pas assez couverte dans nos rédactions, alors qu’elle touche à notre avenir collectif », alerte Hector Nammangue, journaliste scientifique et spécialiste du climat et du développement durable.
En mettant les médias au cœur de la dynamique agroécologique, l’ONG SALUT et ses partenaires espèrent créer un effet de levier durable. Car une agriculture plus respectueuse de l’environnement ne peut s’imposer sans conscience citoyenne, sans engagement des décideurs, et sans une information claire, régulière et crédible.














