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À Ouidah, cité historique du sud du Bénin, Afrodescendants, responsables politiques, administratifs et religieux se sont rassemblés samedi pour rendre hommage aux millions de victimes de la traite négrière, à l’occasion de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (JISTNA).

Le cortège est parti de la Place aux enchères – ancien marché où des vies humaines étaient vendues pour rejoindre la Porte du non-retour, lieu symbolique d’embarquement des captifs vers les Amériques. Sur près de deux kilomètres, les participants ont retracé ce chemin de mémoire, rappelant l’histoire douloureuse de millions d’hommes, de femmes et d’enfants arrachés à leur terre.

Une tragédie d’ampleur mondiale

Entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle, plus de 12 millions d’Africains furent déportés à travers l’Atlantique. On estime que près de 2 millions d’entre eux périrent durant la traversée. La côte ouest-africaine – du Sénégal au Nigéria, en passant par le Ghana et le Bénin – fut l’un des principaux foyers de ce commerce triangulaire, Ouidah étant l’un des points de départ majeurs, aux côtés de Gorée et Elmina.

« Cette journée nous rappelle l’histoire tragique de la déportation de millions d’hommes, de femmes et d’enfants », a souligné Jean-Michel Abimbola, ministre béninois du Tourisme, de la Culture et des Arts.

Pour Bertin Pedro, Afrodescendant venu d’Haïti, cette initiative « renforce les liens entre le Bénin et la diaspora africaine ». Il a salué la loi béninoise qui reconnaît officiellement les Afrodescendants issus de la traite et leur accorde la possibilité d’acquérir la nationalité béninoise.

Sous le thème « Mémoire, résilience et avenir : honorer les victimes, construire pour demain », la célébration a réuni chercheurs, acteurs culturels et membres de la diaspora pour des échanges sur la transmission et la résilience.

Plus qu’une cérémonie, Ouidah rappelle que la mémoire des ancêtres déportés reste une boussole pour bâtir un avenir commun, entre l’Afrique et ses diasporas.

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