A l’heure où les replis identitaires et les conflits s’intensifient dans le monde, la parole devient au Togo un outil de résistance et de construction collective. C’est tout le sens que portent les Joutes Verbales Francophones (JVF) et les rencontres internationales d’éloquence et de débat francophone (RIDEF), deux initiatives qui fêtent respectivement leurs 10 et 4 ans du 24 au 27 septembre 2025 à Lomé.
Nées de l’intuition de Frédérick Tsatsu après une rencontre en Belgique en 2015, les JVF ont grandi pour devenir un véritable mouvement panafricain. « Ce qui n’était qu’une passion s’est transformé en une force de transformation sociale. L’art oratoire a permis à des milliers de jeunes de s’affirmer comme entrepreneurs, médecins, responsables politiques ou cadres de l’administration », explique-t-il.

Le thème choisi pour cette édition anniversaire, « Bâtir le commun », traduit l’esprit de solidarité et de réconciliation qui anime le mouvement. L’idée est de montrer qu’au lieu de céder à la violence, les jeunes peuvent proposer des réponses par le débat, l’éloquence et le dialogue constructif.
Plus qu’une compétition, une école de citoyenneté
Depuis 2015, plus de 5 mille jeunes ont été formés grâce aux JVF et aux RIDEF. Au-delà des concours, il s’agit d’un véritable espace d’éducation citoyenne, où la parole sert de levier pour transformer la société.
L’édition 2025 propose un programme riche : symposium sur les arts oratoires, ateliers de slam et de poésie, nuit tradi-éloquente dans un village togolais, procès fictif des célèbres Nana Benz à l’Institut français, avant les grandes finales du 27 septembre. 15 pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique seront représentés aux RIDEF, confirmant la portée internationale du rendez-vous.

La grande finale des JVF opposera huit finalistes togolais au Grand Rex de Lomé, tandis que les meilleurs orateurs francophones croiseront le verbe pour le prestigieux titre de la RIDEF.
Pour Farida Moustapha, coordinatrice des JVF, cet anniversaire n’est pas qu’une célébration : « Il s’agit de créer des ponts entre générations, entre continents, et de rappeler que la parole est un outil d’émancipation et de cohésion. »
En une décennie, les JVF et les RIDEF se sont imposés comme une école d’éloquence, mais surtout comme un laboratoire de citoyenneté francophone.















