Faure Essozimna Gnassingbé, président du conseil

Depuis le 6 mai 2024, l’entrée du Togo dans la Ve République, plus de 100 jours se sont écoulés sans qu’un gouvernement ne soit mis en place. Une absence jugée préoccupante par plusieurs observateurs et acteurs politiques, qui y voient un signe de fragilité institutionnelle. François Kampatibe, conseiller spécial du président du parti Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), reçu sur une radio locale le lundi 25 août 2025, dit être inquiet pour le pays.

« Depuis le lancement de la Ve République, nous n’avons pas de gouvernement. Cela ne s’est jamais produit, même aux heures les plus sombres de notre histoire », a-t-il relevé. Selon lui, ce vide empêche le bon fonctionnement de l’administration publique et bloque plusieurs dossiers ministériels. « Chaque ministre sortant agit avec prudence, faute de savoir ce qui relève encore de sa compétence. Des projets sont suspendus, des décisions retardées », a-t-il ajouté.

Selon Dr Kampatibe, cette situation ravive les critiques contre la nouvelle Constitution, adoptée sans consensus et rejetée par une partie de la classe politique et de la société civile. Certains dénoncent l’absence de dispositions précises sur les délais de nomination d’un gouvernement, ce qui ouvre la porte à des incertitudes. « Nous vivons les avatars de cette Constitution. Il faut du courage pour dire que ça ne va pas. Une loi fondamentale imposée et contestée ne peut pas être un socle solide pour gouverner », estime le conseiller spécial du président de ADDI.

Libertés publiques et tensions sociales

Il poursuit qu’au-delà du blocage institutionnel, d’autres inquiétudes persistent. Il s’agit pour lui de la répression des manifestations, les interdictions systématiques de rassemblements, et récemment les restrictions d’accès à Internet et aux réseaux sociaux. Des mesures jugées contraires aux libertés fondamentales et pénalisant l’économie numérique. « Dans un pays où beaucoup de jeunes vivent du commerce en ligne, couper Internet n’est pas une solution. Cela aggrave la pauvreté », alerte le leader politique.

Face à cette situation, il en appelle à la responsabilité des dirigeants et des « sages du pays » pour ouvrir un dialogue sincère. « Le Togo a besoin de raison et de sagesse. Il ne s’agit pas d’appeler à la violence, mais de revoir les choses calmement, de restaurer la confiance et de remettre le pays sur les rails », a-t-il conclut.

Voltic Togo