Les organisations de la société civiles (OSC), à travers David Dosseh, le porte-parole de du front citoyens Togo débout, invite les togolais à descendre dans la rue, vêtus de noir, pour une marche de recueillement et de protestation le samedi 9 août 2025. Une démarche qu’il qualifie à la fois mémorielle et politique pour honorer les victimes récentes de la violence d’Etat et porter un message fort : “plus jamais ça.” Pendant ce temps, les autorités y opposent une fin de non recevoir. David Dosseh et les siens vont-ils cette fois-ci braver l’ « interdit » ?
C’est une troisième tentative de manifestation qui se voit interdite en moins de trois mois au Togo. Et pourtant, les autorités du Togo clament sur tous les médias internationaux que le pays respecte les principes de la démocratie qui consacrent la liberté de manifestation.
Un courrier en date du 6 août 2025 du ministre de l’Administration territoriale, Awaté Hodabalo a invité les organisateurs à « surseoir à ladite marche ».
Une résistance citoyenne et non une provocation
D’après le Prof Dosseh, le point de départ de cette nouvelle mobilisation a été l’interdiction par les autorités de la cérémonie du 40e jour en hommage aux victimes, une tradition largement répandue dans plusieurs cultures africaines. « Même dans les pays les plus autoritaires, le minimum de compassion envers les familles endeuillées est respecté », a souligné David Dosseh en ajoutant qu’on ne peut pas refuser à une mère de pleurer son enfant. « Ce refus, c’est un refus d’humanité. »
« Ce jour-là, une marche pacifique partira de Bè-Gakpoto pour rallier la lagune de Bè, lieu symbolique où les corps de plusieurs victimes ont été repêchés », a-t-il indiqué.
Il explique que le nouveau parcours a été pensé pour éviter les points de tension précédents, notamment le marché de Bè, dont la traversée avait été évoquée comme motif d’interdiction. « Ce qui compte, c’est le point d’arrivée : la lagune, devenue malgré elle le cimetière de la répression. C’est là que nous déposerons nos gerbes, nos prières et notre espoir d’un Togo nouveau », affirme Dosseh.
Loin de toute volonté de confrontation, le mouvement se veut pacifique, selon les organisateurs. Professeur David Dosseh dit appeler à un rassemblement digne, silencieux, empreint de solidarité et de compassion. « Médecins, avocats, imams, prêtres, vendeurs de marché, jeunes, enseignants, journalistes… tous les citoyens sont invités à rejoindre cette marche pour témoigner d’une unité nationale face à l’injustice », a laissé entendre le porte-parole du mouvement.
« Ce n’est pas une manifestation politique. C’est un appel à notre humanité commune. Nous portons tous le même deuil, même ceux qui ne l’admettent pas », insiste-t-il.
Cet énième appel à manifestation sera-t-il maintenu malgré l’interdiction du pouvoir de Lomé?














