Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso

Après plus d’une décennie marquée par la montée en puissance des groupes armés jihadistes, qui a coûté la vie à des milliers de personnes, déplacé des millions d’habitants et provoqué deux coups d’État en 2022, le Burkina Faso affiche de nouveaux signes de reprise en main de son territoire.

Le lundi 4 août 2025, le chef du gouvernement burkinabè a lancé une évaluation approfondie de l’action de son équipe, dans un climat où les autorités revendiquent des progrès notables dans la lutte contre l’insécurité. D’après le ministre d’État, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, le général Célestin Simporé, 72,70 % du territoire est désormais sous contrôle de l’État, contre 70,89 % en décembre 2024.

Une reconquête stratégique

Cette progression, présentée comme « significative », s’explique par l’efficacité croissante des opérations militaires et communautaires telles la reconquête de la vallée du Sourou, la stabilisation de Diapaga et Djibo, la reprise de la mine stratégique de Boungou ou encore le retour progressif de l’administration dans plusieurs zones de l’Est jadis inaccessibles.

En parallèle, le gouvernement a entamé l’examen des performances ministérielles. Pour la Défense, le taux d’exécution des activités était de 36,62 % au 30 juin 2025, avec plusieurs chantiers stratégiques en cours. Le ministre a salué la détermination des Forces de défense et de sécurité (FDS) et l’engagement des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), acteurs clés de la reconquête et de la stabilisation.

Le rapport annuel sur l’état de la gouvernance 2024, validé en juillet lors d’un atelier interinstitutionnel, confirme cette tendance : 71 % du territoire repris en 2024, contre 69 % en 2023. Au-delà de la sécurité, le document note aussi quelques avancées dans l’accès à la justice et une amélioration relative des indicateurs économiques, tout en appelant à renforcer les capacités de l’État.

Face à ces données, le Premier ministre a ordonné la poursuite du recrutement dans les forces armées, l’amélioration du soutien logistique et l’intensification des formations. Objectif : restaurer pleinement l’autorité de l’État sur l’ensemble du Burkina Faso et consolider les acquis dans un contexte où la paix durable reste un horizon à atteindre.

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