Alors que des voix s’élèvent pour réclamer l’annulation des élections municipales du 17 juillet 2025, suite aux violentes manifestations qui ont secoué le Togo les 26, 27 et 28 juin, causant la mort d’au moins sept jeunes et plusieurs blessés, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) appelle, elle, à maintenir le cap « démocratique ».
Francis Pedro Amuzun, Secrétaire général adjoint du parti et candidat à ces municipales, insiste que ce peuple ne doit pas continuer à voter pour ceux qui le tuent. « Mais il ne doit pas non plus s’abstenir. Car ne pas voter, c’est laisser le champ libre à ceux qui veulent l’étouffer », a-t-il indiqué.
Dans une émission sur une radio locale le jeudi 10 juillet 2025, le candidat dénonce l’inaction du pouvoir en place et appelle à la responsabilité collective. Selon lui, même si les espaces de liberté se rétrécissent, même si les conditions sont loin d’être idéales, renoncer à participer serait suicidaire.
« Les partis politiques, comme l’ANC, essaient de préserver ce qu’il reste pour que le peuple puisse encore respirer. Si on laisse tout tomber, il ne restera plus rien », a déploré M. Amuzun.
Pour Francis Amuzun, ces élections locales sont l’occasion d’apporter un souffle, aussi petit soit-il, à une population à bout de souffle. Il rappelle que ce sont les élus municipaux qui pilotent les projets de proximité, notamment, les centres de santé, marchés, rues éclairées et l’animation socioculturelle.
« Qui anime les marchés, les fêtes des femmes ? Ce n’est pas un soulagement pour le peuple, ça ? C’est une petite bouffée d’oxygène. Et c’est ce que l’ANC veut préserver. »
Un appel au réveil
« Ce pays-là, on ne peut plus le conduire en somnolant. Il faut se réveiller. Ceux qui nous maltraitent depuis 60 ans ne changeront pas s’ils n’ont aucune résistance », a laissé entendre le secrétaire général adjoint de l’ANC en affirmant être porté par un engagement sincère. « Si je voulais voler, j’aurais déjà pris tout ce qu’on m’a proposé. Mais ce n’est pas pour moi que je suis candidat. C’est pour mon pays. »
L’appel de l’ANC intervient dans un climat politique tendu. Des blogueurs et activistes demandent l’annulation pure et simple du scrutin, jugeant le contexte trop instable et dangereux après les manifestations de fin juin.
Mais pour Francis Amuzun, le boycott serait une erreur aux conséquences dramatiques : « On a déjà boycotté des élections, et regardez ce que cela a donné. Aujourd’hui encore, les conséquences sont là. Ce sont ceux qui n’étaient pas venus voter qu’on accuse d’avoir laissé faire. Alors cette fois, venez voter, votez autrement. »














