Assimi Goita / Image: DR

Le Gouvernement de la Transition du Mali a annoncé l’arrestation, d’un groupe de militaires et de civils accusés de comploter contre les institutions de la République. Cette tentative de déstabilisation, qualifiée d’« acte subversif », aurait impliqué l’aide d’États étrangers.

Les faits remontent au 1er août dans ce pays qui a connu déjà au moins cinq (5) coups d’Etat militaire.

Une conspiration stoppée par les services spécialisés

Selon le communiqué, les services de sécurité maliens ont déjoué la manœuvre grâce à leur vigilance et leur professionnalisme. Parmi les personnes interpellées figure Yann Vézilier, présenté par les autorités comme un agent du renseignement français. Ce dernier aurait collaboré avec des responsables politiques, des acteurs de la société civile et des militaires, dont les généraux de brigade Abass Dembélé et Néma Sagara.

Le Gouvernement a assuré que des enquêtes judiciaires sont en cours afin d’identifier d’éventuels complices. Tout en condamnant fermement cette tentative, il a affirmé que la situation est « totalement sous contrôle » et a invité la population à la vigilance et au calme.

Un pays marqué par une succession de coups d’État

Cet épisode s’inscrit dans une longue histoire d’instabilité politique au Mali, où l’armée a régulièrement pris le pouvoir depuis l’indépendance :

1968 : le général Moussa Traoré renverse le président Modibo Keïta ;

1991 : le régime de Traoré tombe à son tour sous la pression populaire et militaire, ouvrant la voie à une transition démocratique ;

2012 : en pleine crise sécuritaire au Nord, le capitaine Amadou Haya Sanogo prend le pouvoir par un coup d’État ;

2020 : le président Ibrahim Boubacar Keïta est renversé par un groupe d’officiers dirigés par le colonel Assimi Goïta ;

2021 : Goïta consolide son autorité lors d’un second coup de force au sein même de la Transition.

Ces bouleversements politiques ont profondément marqué la trajectoire du pays, accentuant sa fragilité institutionnelle dans un contexte de crise sécuritaire et de lutte contre le terrorisme.

La Transition face au défi de la stabilité

Depuis 2021, le Mali est dirigé par des autorités de transition qui affirment œuvrer à une « refondation » et à la reconquête de la souveraineté nationale. L’arrestation du groupuscule annoncé par Bamako intervient alors que le pays, engagé aux côtés de ses voisins du Niger et du Burkina Faso au sein de la Confédération des États du Sahel (CES), poursuit sa lutte contre les groupes armés terroristes.

Pour les autorités maliennes, cette tentative avortée confirme la nécessité de rester vigilants face aux « manœuvres de déstabilisation » susceptibles de compromettre le processus en cours.

Voltic Togo