Robert Mugabe, ici en juillet 2018, est mort à l’âge de 95 ans (JEKESAI NJIKIZANA / AFP)

L’ancien président zimbabwéen Robert Mugabe, qui a dirigé d’une main de fer son pays de 1980 à 2017, est décédé à l’âge de 95 ans, a annoncé vendredi 6 septembre le chef de l’Etat Emmerson Mnangagwa.

« C’est avec la plus grande tristesse que j’annonce le décès du père fondateur du Zimbabwe et de l’ancien président, le commandant Robert Mugabe », a déclaré l’actuel président dans un tweet.

Pendant son règne de trente-sept ans à la tête du Zimbabwe jusqu’à sa chute en 2017, Robert Mugabe, décédé à l’âge de 95 ans, est passé du statut de héros de l’indépendance et ami de l’Occident à celui de tyran qui a provoqué l’effondrement économique de son pays.

Dans les dernières années de sa vie, il balaie de la même façon les spéculations sur son état de santé. La rumeur le dit atteint d’un cancer, son entourage explique ses fréquents séjours à Singapour par le traitement d’une cataracte.

Malgré ces assurances, sa santé décline. En 2015, il est surpris à prononcer le même discours à un mois d’intervalle. Les photos de ses siestes pendant les réunions internationales n’en finissent plus de faire rire la planète. Incarnation jusqu’à la caricature du despote africain prêt à tout pour prolonger son règne, il promet pourtant de fêter ses 100 ans au pouvoir. Il ne tiendra pas parole.

En octobre 2017, il limoge son vice-président Emmerson Mnangagwa, sous la pression de son influente et ambitieuse épouse Grace qui s’invite dans la course à sa succession. C’est l’erreur fatale. L’armée le lâche. Son parti, la Zanu-PF, et la rue également. Le plus vieux chef d’Etat en exercice de la planète, longtemps considéré indéboulonnable, est acculé à la démission le 21 novembre 2017. Il a 93 ans. Il dénoncera plus tard un « coup d’Etat », et plein de ressentiment, appellera à demi-mot, à la veille des élections générales de 2018, à voter pour l’opposition.

Source: L’obs