En Centrafrique, les femmes font de la lutte contre le mariage précoce, leur cheval de bataille. Celles de la commune de Foh veulent enterrer cette pratique qui brise le rêve de beaucoup de jeunes filles.

Commune de la sous-préfecture de Baboua, Foh est réputée être une localité où la pratique est largement répandue. Dès l’âge de 12 ans, celles-ci sont enlevées et contraintes d’être “données” en mariage, la plupart du temps, à des hommes beaucoup trop âgés.

La pratique, comme le condamnent les femmes de la société civile, freine l’émancipation et l’émergence des jeunes filles. A en croire Hortense Kangabe, responsable d’une association communautaire, ces filles précocement proposées en mariage vivent en majorité dans des conditions déplorables, et finissent toujours par divorcer.

Elle soutient que le mariage précoce entraîne souvent des conséquences néfastes comme l’analphabétisme, le non accès à l’emploi et la méconnaissance de l’entretien corporel et de certaines activités génératrices de revenu. “Il y a aussi des risques sanitaires liés à  des grossesses prématurées qui élèvent les taux de mortalité maternelle et infantile”, a-t-elle défendu précisant que les adolescentes sont plus vulnérables aux infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/SIDA

Et pourtant, en Centrafrique, la loi relative à la santé de reproduction stipule en son article 11 que « (…) Le mariage doit être conclu avec le libre consentement des futurs conjoints ». Elle qualifie le mariage forcé à l’Art 29 d’un « acte qui porte atteinte aux droits de la santé sexuelle et reproductive et sont punis conformément à la législation en vigueur ».

Selon le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), plus de 140 millions de filles se seront mariées entre 2011 et 2020. Si la tendance actuelle se poursuit, 14,2 millions de filles par an, soit 39 000 par jour, se seront mariées trop jeunes.

En outre, sur les 140 millions de filles qui se seront mariées avant l’âge de 18 ans, 50 millions auront moins de 15 ans.

La Centrafrique est le troisième des dix  pays où le taux de mariage d’enfants est le plus élevé au monde avec 68%. Le Niger est en tête avec 75% suivi du Tchad, aussi 68, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).