Le Centre Togolais des Expositions et Foire de Lomé (CETEF), dans le cadre de la 12è Foire Internationale de Lomé, organise deux séances de formation à l’intention des journalistes et des exposants les 27 et 28, 29 août 2014. L’idée du CETEF, c’est d’amener tous les participants de cette campagne foraine à optimiser leur participation. Pour avoir une idée plus nette sur l’initiative, les rédactions de Full-News et d’Africa rendez-vous se sont approchées du directeur du Centre, Johnson Kuéku-Banka. Lecture…

La 12è foire internationale de Lomé s’annonce et vous vous préparez à former les exposants et les journalistes à ce sujet. Qu’est-ce qui motive cette innovation ?

Bien effectivement, c’est l’une des innovations de la 12è Foire Internationale de Lomé, la formation des journalistes et surtout des opérateurs économiques. En ce qui concerne les opérateurs économiques, il nous a été donné de constater que, malgré le nombre qui s’accroit d’année en année, il y a des insatisfaits. C’est un paradoxe ! Comment avoir plus d’exposants, mais en même temps, avoir des insatisfaits ?

Lorsque nous avons poussé un peu loin l’analyse,  nous nous sommes rendus compte que ce sont des opérateurs qui ne maîtrisent pas trop bien le processus pour participer à une foire. On a l’impression que c’est un marché où on peut se lever et venir vendre comme sur tout autre marché. C’est un marché dont la pratique est totalement différente. On n’y est pas pour essentiellement vendre mais l’on doit y être plutôt pour faire de la promotion. C’est tout comme on décide de faire la promotion de ses articles avec des affiches dans la ville ou comme aux feux tricolores où on a des agents à la criée qui font de la publicité. Mais la particularité d’une participation à la foire est qu’elle permet la présence physique du produit et du producteur lui-même.

Et dans le même temps, dans cet environnement, on a les medias et, tout cela concourt à la promotion des produits. C’est ce qui fait la différence entre ce mode de marketing et de communication et d’autres.

Au finish, cette formation, c’est pour permettre aux opérateurs économiques de mieux suivre le processus et de mieux s’y préparer. Il y a tellement d’étapes qu’il faut suivre pour de très bons résultats.

Il n’y a pas que les exposants, il y a les médias aussi !

Le DG Jonhson Kuéku-Banka en interview
Le DG Jonhson Kuéku-Banka en interview

Pour ce qui concerne les médias, ils ont un rôle très important et à plusieurs niveaux. Lorsqu’on parle de la promotion, ça doit être de la communication. D’abord, nous qui sommes des organisateurs, ils doivent nous accompagner pour notre campagne de promotion et il faudrait qu’ils aient les informations nécessaires. Ils doivent permettre d’assurer une meilleure couverture médiatique de la manifestation foraine elle-même. Donc si eux aussi ne maîtrisent pas ce que c’est, ils peuvent passer à côté de la plaque.

Il y a certains médias, au vu et au su des commentaires ou des questions qui sont posées directement aux exposants sur la foire,  on se rend compte qu’eux aussi ne maîtrisent pas la partie foraine.

Donc l’attente, c’est d’avoir, après cette formation, des partenaires qui soient à même de comprendre notre langage, d’être au même niveau d’information que nous et de nous aider donc à véhiculer l’information.

Et enfin, et ce que nous trouvons très rarement ici, ils ont à aider les exposants à réaliser également une bonne campagne de promotion et à communiquer sur leur participation à la foire. Ils doivent pouvoir aider également nos exposants à mieux réussir leur foire.  C’est pour cette raison que nous voulons communiquer beaucoup plus, les inviter à avoir plus accès à la littérature des forains pour qu’ensemble, nous puissions conduire cette entreprise à bon port.

Cette pratique, elle est totalement inexistante. C’est rare de voir les média aller vers les opérateurs économiques en période de précampagne pour avoir des informations et les publier ; ce que les exposants devraient faire normalement ! Avant de venir, ils doivent promouvoir leur participation. Donc nous voulons que les médias sachent cela et, en plus du business que ça leur procure, ça permettra également aux opérateurs économiques de mieux préparer leur participation à la foire.

En clair, la formation est de mieux les outiller pour une participation réussie …

Bien évidemment ! Nous avons prévu trois modules au niveau des opérateurs économiques. D’abord, pourquoi participer à une foire.

On s’est rendu compte que beaucoup ne savent pas pourquoi ils participent à la foire. Donc il faudrait qu’ils sachent pourquoi ils participent à la foire.

Après avoir répondu à cette question, comment faut-il participer ? Ce sera le deuxième module. Comme nous avons l’habitude de le dire, la vraie foire, c’est après la foire. Après avoir passé tout ce temps, il faut analyser les résultats obtenus, et comme nous sommes dans le domaine de la promotion, il faut identifier les vrais contacts de ceux qu’on pourrait laisser de côté, séparer les plus importants des secondaires.

Donc ce module doit permettre aux opérateurs économiques de faire le suivi de la foire. Parce que la plupart, une fois la foire terminée, plie bagage et oublie avoir eu des partenaires, alors que c’est une fois rentré qu’on procède à toutes les analyse afin de savoir ce qui est profitable, ce qui est rentable, qu’est ce qu’il faut faire pour pérenniser les acquis de la foire.

D’ordre général, pour participer à une foire, quelle est la démarche à suivre ?

Prenons le cas d’un exposant ; il faut d’abord savoir à quelle foire participer. Si vous êtes dans un domaine et vous participez à une foire qui ne répond pas à votre domaine, vous êtes « out ». Une fois ceci fait, il faut maintenant déterminer ses objectifs. Quels sont les objectifs que je vise en participant à cette foire ? Ça peut être un objectif de promotion, de pérennisation de sa clientèle ; pour booster sa clientèle ou pour suivre la concurrence.

Donc au niveau de l’entreprise, il faut savoir les objectifs poursuis en voulant participer à la foire. Une fois tout ceci fait, il faut planifier la participation. Vous verrez qu’il faut au moins un an pour participer à une foire. Il faut prendre la décision, planifier, réserver son stand, le construire par rapport aux produits et à la clientèle qu’on souhaite rencontrée, choisir les couleurs… Il faut promouvoir cette participation avec les journaux, confectionner des supports. Une fois cette étape franchie, il faut passer au budget, savoir combien dépenser puisque c’est un investissement.

Vous devez, après, aller vers les organisateurs pour localiser votre emplacement, aller chercher les produits et aussi former le personnel de votre stand, c’est très important.

Nous avons remarqué qu’il y a des personnels qui sont  sur des stands et qui ne savent pas pourquoi ils sont là.

Voilà autant de cheminement qu’il faut suivre avant d’avoir un résultat à la foire…

La foire 2014 est à quelques pas, les préparatifs vont bon train?

Jonhson Kueku-Banka
Jonhson Kueku-Banka

Oui ça se prépare bien. Comme vous le savez, cette année nous avons innové en créant un salon, celui sur les énergies renouvelables. Au départ, nous n’avons pas vu l’ampleur mais aujourd’hui, les exposants que nous avons dans ce domaine sont intéressés à telle enseigne que nous nous rendons compte que c’est un bon choix. En dehors de ce salon, nous enregistrons de nouveaux exposants qui souhaitent participer à la foire elle-même. Toute l’équipe est mobilisée. Nous sommes déjà rentrés dans la fièvre des préparatifs, donc pour l’instant tout se passe bien.

Un mot de fin ?

Le mot de fin c’est justement que tout le monde puisse participer comme nous le souhaitons, les journalistes et les exposants, à ces formations que nous organisons, pour que les attentes soient comblées.

Monsieur le Directeur, merci

A moi de vous remercier !

Interview réalisée par FULL-NEWS / AFRICA RENDEZ-VOUS