En Gambie, la Commission vérité et réconciliation est ovationnée pour son travail remarquable d’auditions. Si des chaines radio transmettent en direct les auditions de la Commission vérité, réconciliation et réparations, la télévision privée QTV prend la relève le soir. Les travaux de cette Commission qui donne depuis le 7 janvier 2019, la parole aux victimes et aux protagonistes pour faire toute la lumière sur les vingt-deux années du régime dictatorial de Yahya Jammeh, retiennent l’attention.

Parfois, la salle d’audience affiche complet 30 minutes avant l’ouverture des débats. Une partie du public peut se voir priée de rebrousser chemin. C’est ce qui s’est passé le 24 avril“, rapporte le journal Le Monde. “Ce matin-là, il y avait affluence pour le témoin n° 57, Sanna Bairo Sabally. Cet ancien numéro deux de la junte militaire, qui a pris le pouvoir en 1994, est accusé d’exécutions sommaires et de torture. Il vit aujourd’hui entre le Sénégal et l’Allemagne et a fait le déplacement sans contrainte, mais bien pour avouer ses crimes“.

Cette structure n’est pas un tribunal. Elle a pour mission d’enquêter et de répertorier l’ensemble des violations des droits de l’homme commises entre juillet 1994 et fin 2016. La déconstruction progressive des vingt-deux ans de régime dictatorial tient le pays en haleine. Ces deux décennies ont fait plus de 100 morts et 700 victimes recensées par le Centre gambien pour les violations des droits de l’homme.