‘‘Informer, éduquer et divertir’’, voilà les trois principales missions des médias et les raisons qui guident les auditeurs, lecteurs et téléspectateurs dans le choix de leur canal favori. Elles sont, au total, une dizaine, ces chaînes TV à émettre du Togo. Seulement, une petite enquête menée par la rédaction d’Africa rendez-vous révèle qu’elles ont perdu leur côte de popularité.

Les chaînes de TV locales sont de plus en plus délaissées au profit de celles internationales. Elles ont perdu leur audimat. Et pour cause, la possibilité pour les citoyens de se procurer des abonnements à partir de 5.000 F CFA (environ 8 Euros) pour suivre quelques chaînes internationales.

Ils sont nombreux à sembler maitriser la grille de programmes de ces chaines internationales dont certaines ne font que passer en boucle des sonorités musicales quand d’autres proposent, disent-ils, des programmes bien variés, du divertissement à l’information, le tout sur un plateau bien présenté et qui « capte » toute l’attention.

Rosine Amedegnato, responsable d’un centre de traitement esthétique dit ne pas voir l’intérêt pour elle de suivre des chaînes de télé togolaises. « C’est vraiment nul ! », pointant du doigt le décor de plateau de ces chaines TV locales qui pour elle, est l’un des plus « rudimentaire » des chaines qu’elle capte. « Je n’ai pas de cliente qui accepte suivre togolais », martèle-t-elle.

Même son de cloche chez Mawuto Apédo qui elle, dit avoir délibérément décidé de ne pas acheter d’antennes locales car martèle-t-elle « il n’y a rien de bon là ! » si ce n’est de vouloir suivre sur la Télévision nationale « TVT » le journal de 20H GMT. Pour cette étudiante en communication, la TVT ne déroge pas à la règle ; pas parce qu’elle fait mieux mais qu’elle y est contrainte pour être au parfum de l’information et de lâcher finalement « si ce n’est pas un de nos Prof’ qui nous demande l’actualité au début des cours, je ne pense même pas que je le suivrai ».

Qu’elles soient LCF, TV2, TV7, RTDS (les chaînes TV locales les plus connues) presque la majorité ont peint le tableau en noir. Plus surprenant, certains journalistes de ces organes disent ne pas disposer d’antennes pour suivre « leur TV » à la maison.

Mais, il y a quelques exceptions. C’est bien le cas de Elom Amegan, fonctionnaire de son état qui soutient que les chaînes TV locales se rapprochent beaucoup plus des vécus des togolais en proposant des programmes variés et qui dit-il, répondent à leur besoin. Il citera pêle-mêle, des tranches d’informations en langues locales, des informations provenant des préfectures, des émissions pour jeunes et enfants les mercredis,  ou encore des débats sur l’actualité nationale dans presque tous les secteurs. « Je ne vois pas l’importance de chercher loin ce que j’ai déjà chez moi », ironise Elom, la trentaine, qui soutient ne pas avoir fait d’abonnements à des chaines internationales.

Quelques élèves rencontrés à la sortie des classes disent suivre pourtant ces chaînes locales pendant les vacances pour des émissions musicales jugées très intéressantes.

Somme toute, plus de 80% de ceux rencontrés zappent complètement les locales pour l’international. Doit-on en déduire que les TV togolaises doivent redoubler assez d’efforts pour compter faire partie de la concurrence médiatique ?