L’obésité dépasse désormais l’insuffisance pondérale pour devenir la forme la plus répandue de malnutrition chez les enfants et adolescents scolarisés. Selon un nouveau rapport du fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) publié le mercredi 10 septembre 2025, 188 millions de jeunes, soit un sur dix, sont aujourd’hui touchés, les exposant à des maladies chroniques et potentiellement mortelles.
Intitulé « Alimenter les profits : Comment les environnements alimentaires compromettent l’avenir des enfants », le rapport s’appuie sur des données issues de plus de 190 pays. Il révèle qu’entre 2000 et 2022, l’obésité chez les 5-19 ans est passée de 3 % à 9,4 %, dépassant désormais l’insuffisance pondérale (9,2 %).
« L’obésité est un problème de plus en plus préoccupant qui peut avoir des répercussions sur la santé et le développement des enfants », alerte Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF. Elle pointe du doigt l’invasion des aliments ultratransformés, riches en sucres, sel et graisses, qui remplacent fruits, légumes et protéines dans l’alimentation des jeunes.
Des disparités régionales
Si l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud restent confrontées à la sous-alimentation, la tendance mondiale est que les enfants sont désormais davantage exposés à l’excès qu’au manque. Dans le Pacifique, la situation est alarmante : Nioué (38 %), les Îles Cook (37 %) et Nauru (33 %) affichent les taux d’obésité les plus élevés du monde, contre 27 % au Chili et 21 % aux Etats-Unis.
Le rapport souligne aussi le rôle du marketing numérique. Une enquête U-Report menée auprès de 64 000 jeunes dans 170 pays montre que 75 % avaient vu des publicités pour des boissons sucrées ou des snacks au cours de la semaine écoulée, influençant directement leurs habitudes alimentaires.
Sans action, les conséquences seront lourdes. Les maladies liées à l’obésité pourraient coûter 210 milliards de dollars au Pérou et plus de 4 000 milliards de dollars par an dans le monde d’ici 2035.
Des mesures urgentes à adopter
L’UNICEF appelle les gouvernements à transformer les environnements alimentaires. Ceci, à travers l’interdiction de la vente et la promotion des aliments ultratransformés dans les écoles ; renforcement de l’étiquetage et les taxes sur les produits nocifs ; et la protection des politiques publiques de l’influence de l’industrie agroalimentaire.
« Chaque enfant doit pouvoir bénéficier d’une alimentation nutritive et abordable », insiste Catherine Russell. L’organisation prévient que l’avenir de millions d’enfants dépend de la capacité des Etats à réguler les environnements alimentaires.














