La réduction progressive des financements consacrés aux Droits et Santé Sexuels et Reproductifs (DSSR) et à la planification familiale suscite de vives inquiétudes au Togo. Vendredi dernier à Lomé, le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement au Togo (REMAPSEN-Togo) a réuni des journalistes lors d’un échange avec la presse, afin d’analyser les impacts de cette situation et d’interpeller l’opinion publique.
Ouvrant les travaux, la coordinatrice pays de REMAPSEN-Togo, Ambrosine Memede, a souligné que les avancées obtenues ces dernières années reposaient largement sur l’appui des partenaires extérieurs. Ces soutiens ont permis d’améliorer l’accès des jeunes aux services de santé, de faire progresser l’usage de la contraception et de contribuer à la baisse de la mortalité maternelle. Mais aujourd’hui, a-t-elle prévenu, cette dynamique est menacée. La prévalence contraceptive moderne reste limitée, tandis qu’une part importante des besoins en contraception demeure non satisfaite.

Pour Apoété Zekpa, Secrétaire exécutif du RCPFAS-Togo, la situation appelle à une relecture urgente des mécanismes de financement. Présentant les principaux textes et stratégies encadrant la planification familiale, il a mis l’accent sur la suspension, en 2024, de plusieurs programmes soutenus par les États-Unis, dont le SPAMPF. « L’arrêt de ces financements fragilise directement l’accès des femmes et des adolescentes à des services essentiels », a-t-il alerté.
Les conséquences sanitaires potentielles ont été détaillées par Dr Abram Amétépé Agossou, Chef de la Division santé de la mère et de l’enfant. Selon lui, le ratio de mortalité maternelle, estimé à 362 décès pour 100 000 naissances vivantes, reste préoccupant. Il a rappelé que la planification familiale constitue un outil central pour réduire ces décès, tout en déplorant l’imprévisibilité croissante des financements extérieurs depuis début 2024.

Face à ce contexte incertain, les participants ont plaidé pour un renforcement des ressources nationales, à travers un engagement accru de l’État, des collectivités territoriales et du secteur privé. À l’approche de la rencontre annuelle du Partenariat de Ouagadougou prévue à Lomé, REMAPSEN-Togo appelle les médias à maintenir la DSSR au cœur du débat public. Un message clair s’est dégagé : sans financement durable, les femmes, les adolescentes et les jeunes restent les premières victimes du recul des politiques de santé reproductive.














