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Généralement, on pense qu’un enfant qui est obèse est un enfant qui est bien nourrit alors que c’est le contraire, selon Claude Ngabu, Spécialiste en santé au bureau régional du fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Le professionnel de la santé a donné des détails sur le sujet au cours du premier forum africain sur la santé infantile, la vaccination et la nutrition organisé à Lomé par le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN).

A en croire Dr Ngabu, un enfant qui est obèse est un enfant qui est malnutri ou qui a une mauvaise nutrition. Il explique que la nutrition demande un équilibre entre les apports et les dépenses correspondant aux besoins réels de l’organisme.  « Quand un organisme a un apport qui est insuffisant aux besoins de cet organisme, il y a un déséquilibre. Et lorsqu’un organisme a beaucoup plus que ce qui est attendu, il va encaisser davantage, absorber davantage, et cela va se développer sous forme de graisse qui va se déposer dans l’organisme. Cet enfant est en malnutrition mais sous la forme d’obésité et c’est aussi une maladie », a précisé Dr Ngabu.

Il précise que les besoins nutritionnels sont corrélés au cycle de la vie, c’est-à-dire que chaque enfant dès sa naissance jusqu’à sa croissance bénéficie et demande des types d’aliments diversifiés suivant son âge. Les besoins en termes de quantité pour chaque type d’aliments doivent correspondre aux besoins que l’enfant a. « Tout déséquilibre lié à l’apport et au type d’aliments qui est donné à l’enfant par rapport à son besoin est perturbateur. Donc à chaque niveau il faut qu’on soit en mesure de trouver l’aliment qui correspond à l’âge correspondant », a-t-il ajouté.

Dr Ngabu a indiqué qu’il existe plusieurs formes de malnutrition, notamment, la malnutrition aiguë et cela comprend la malnutrition aiguë modérée ou la malnutrition aiguë sévère.  Il est aussi souvent noté chez des enfants, la malnutrition chronique ou un retard de croissance et cela veut dire que l’enfant est trop petit par rapport à son âge. Par contre on évoque la malnutrition aiguë quand un enfant est mince par rapport à sa taille.

La malnutrition infantile et ses causes

La malnutrition chez les enfants peut être causée par plusieurs facteurs. Dr Ngabu évoque des causes fondamentales, des causes sous-jacentes et aussi des causes qui peuvent être immédiates à la situation. « Dans les causes fondamentales c’est généralement le contexte socio-économique du pays, l’environnement dans lequel l’enfant vit, le capital économique ou financier de population et de ménage ».

Ces causes sous-jacentes, précise-t-il, sont habituellement des problématiques liées à la sécurité alimentaire de ménages qui ne sont pas en mesure d’avoir les repas qui conviennent pour l’ensemble des enfants dans chaque ménage, et aussi des problèmes liés aux pratiques alimentaires elles-mêmes.  Pour lui, le choix des aliments qui conviennent à chaque enfant dans un contexte spécifique suivant ses besoins de développement de manière particulière et des problèmes liés à son environnement, la salubrité, l’accès à l’eau et l’assainissement, peuvent aussi être dans le lot de causes sous-jacentes.

D’après Dr Ngabu, les causes les plus immédiates sont l’accès à la nourriture. « Si on a un enfant qui n’a pas directement accès à la nourriture adéquate de manière directe, ça peut être une cause. Il y a aussi une cause directe qui peut être liée à l’état de santé comme un enfant est malade combiné au manque de nourriture ».

Pour éviter la malnutrition chez les enfants, Dr Ngabu fait comprendre que l’enfant, dès la naissance a besoin d’aliments complets, et l’aliment le plus complet pour un enfant c’est le lait maternel. « C’est pour ça qu’on recommande, stimule, et encourage les familles à pouvoir à la naissance, d’avoir la nécessité d’un allaitement intensif et exclusif tout au moins jusqu’à 6 mois », a-t-il indiqué.

A partir de 6 mois, précise-t-il, il est nécessaire d’intégrer dans l’alimentation des enfants, des aliments de compléments avec une certaine richesse qui vont permettre la croissance de l’enfant. Il s’agit par exemple des aliments qui ont un certain nombre de contenu à la fois des protéines, des lipides, et des glucides, et cela de manière progressive.

« Une des molécules principales de la croissance de l’enfant est la protéine. Elle peut se retrouver entre autres dans les œufs et dans les viandes. En plus des protéines, l’enfant a aussi besoin des lipides et des glucides sous forme de sucre qui constituent de l’énergie », a affirmé le spécialiste en santé au bureau régional ouest-africain de l’UNICEF.

Notons qu’il y a des tableaux statistiques qui permettent de faire corréler l’âge et le poids de l’enfant ou l’âge et la taille d’un enfant avec des indicateurs spécifiques. Mais il y a aussi des marges à partir desquels les spécialistes peuvent suspecter, suivant l’analyse du poids et de la taille, qu’un enfant souffre soit d’une malnutrition aiguë soit d’une malnutrition chronique ou s’il est en surpoids.

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