Femme Portefaix_ Image Sylvio Combey
Une femme portefaix au grand marché de Lomé participant à la formation

Des femmes portefaix du grand marché autonomes, c’est le souhait du Groupe de réflexion et d’action femme, démocratie et développement (GF2D) et l’organisation internationale de la francophonie (OIF). Une formation est initiée à leur endroit à cet effet.

Elles sont au total 100 femmes à suivre depuis les 10 et 11 février 2022 à Lomé, une formation pour renforcer leur autonomisation juridique et économique. Pendant deux jours, elles sont édifiées sur la création et la gestion des Activités génératrices de revenu et la tenue de cahier de caisse, le leadership entrepreneurial, les violences basées sur le genre et la constitution des groupes d’intérêt économique.

Une situation amère

La pauvreté tend à se féminiser au Togo. Des études ont révélé que l’incidence de la pauvreté est moins élevée dans la catégorie des ménages dirigés par les hommes (54,6%) que dans ceux dirigés par les femmes (57,5%). Un ménage dont le chef est de sexe masculin a 19,2% plus de chance d’être non pauvre qu’un ménage dirigé par une femme. Et cette féminisation de la pauvreté s’explique par la persistance des stéréotypes sexistes, l’analphabétisme, le faible niveau d’instruction des femmes et filles, le faible accès aux ressources essentielles (crédit, héritage foncier), les difficultés d’accès à l’information et aux services de santé sexuelle et de la reproduction adaptée, la faible utilisation des nouvelles technologies de l’information pour l’accès aux opportunités d’emploi et de marché offerts aux femmes et aux filles.

Il est clair que le grand marché de Lomé est une plateforme d’échange commerciale qui offre des opportunités économiques à une diversité d’acteurs dont les femmes et filles portefaix. Pour le GF2D, ces femmes et filles sont classées dans la catégorie des Femmes Vulnérables nécessitant un accompagnement pour leur inclusion financière et leur participation aux activités économiques, transportent sur leur tête tout au long de la journée des fardeaux lourds et sont payées à la tâche par des clients réguliers ou occasionnels. Elles sont majoritairement analphabètes ou précocement déscolarisées.

Des femmes portefaix participant à la formation

Le GF2D et l’OIF à la rescousse

Le GF2D et son partenaire technique et financier l’Organisation internationale pour la francophonie volent au secours de cette couche vulnérable. Le projet initié veut les aider pour une meilleure connaissance de leurs droits, en particulier les droits en matière de la santé sexuelle et reproductive, l’accès aux informations et services adéquats.

« Nous avons choisi de travailler avec les femmes portefaix du grand marché, parce-que nous savons que ce sont des femmes qui vivent dans des situations de précarité. Ce qu’elles font comme emploi ne leur permet pas de subvenir à tous leurs besoins et de prendre soin de leur famille surtout que la crise sanitaire a encore renforcé la vulnérabilité de ces femmes », a expliqué Michèle Aguey, Secrétaire générale du GF2D.

Michèle Aguey, Secrétaire générale du GF2D

« Il y aura des sensibilisations sur le terrain et nous allons également mettre en place un petit comité où ces femmes pourront rapidement signaler des cas de violences s’ils se produisent. Nous allons aussi accompagner celles qui n’ont pas de pièce d’identité à disposer de jugement supplétif, de nationalité tout comme la carte nationale d’identité », a-t-elle ajouté.

Agossou Honfo, attaché de programme à l’OIF

« Le soutien de l’OIF est d’abord financer à hauteur de 31 millions de francs CFA. Ce soutien est aussi technique puisque l’OIF à travers sa représentation pour l’Afrique de l’Ouest basé à Lomé se tient aux cotés des responsables de l’association GF2D et également de tous les autres parties prenantes pour finaliser les activités et pour participer aux activités et identifier des points d’attention pour trouver des solutions ensemble », a tenu à préciser Agossou Honfo, attaché de programme à l’OIF.

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