Le président du conseil d’administration de la Fédération togolaise des associations de personnes handicapées (FETAPH), M. Akakpo-Numado Emyonam, a animé lundi 8 décembre à Lomé un échange avec des professionnels des médias sur les enjeux du handicap et de l’inclusion. La rencontre s’inscrit dans le cadre du « Rendez-vous du REMAPSEN », consacré cette année au rôle déterminant des médias dans la promotion de l’inclusion et la lutte contre les discriminations visant les femmes et les filles handicapées au Togo.
L’initiative est portée par la branche togolaise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), en collaboration avec ONU-Femmes et l’ONG La Colombe, avec l’appui du fonds français Muskoka. Elle s’aligne sur la campagne internationale des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre.
L’inclusion, une construction permanente
Devant les journalistes, M. Akakpo-Numado a rappelé que l’inclusion n’est jamais totalement achevée. Il a cité l’exemple de l’Allemagne dont le chancelier a reconnu, à l’approche du sommet mondial sur le handicap, que le pays « n’est pas suffisamment inclusif ». Pour lui, cette déclaration prouve que toute société est en chemin et doit rester engagée.
S’il note des avancées au Togo, le président de la FETAPH insiste sur l’importance de commencer par le cadre familial, où doivent s’ancrer respect, bienveillance et absence de préjugés. Son exposé a abordé les réalités vécues par les personnes handicapées, le cadre juridique existant, ainsi que les discriminations persistantes, particulièrement envers les femmes et les filles.
Les médias appelés à amplifier la sensibilisation
La coordinatrice nationale du REMAPSEN, Mme Ambroisine Mêmèdé, a souligné que les médias ont un rôle essentiel dans la protection des femmes et des filles handicapées, notamment en informant, en dénonçant les injustices et en favorisant un changement durable des mentalités.
Mme Lokossi Corine, conseillère à l’ONG La Colombe, a rappelé que tout individu peut, à un moment de sa vie, se retrouver en situation de handicap, qu’il soit visible ou invisible. Elle a dénoncé les stigmatisations persistantes et exhorté les médias à intensifier leurs actions de sensibilisation.
Selon le recensement général de 2022, 10,73 % de la population togolaise vit avec un handicap. En parallèle, environ 2 000 cas de violences basées sur le genre sont enregistrés chaque année, confirmant l’urgence d’une mobilisation accrue.















