Lors du 3ème carrefour des femmes professionnelles des des médias organisé par l’Association des femmes professionnelles des médias du Togo (AFPM Togo), le vendredi 29 novembre 2024, à Lomé, le thème de la précarité dans les médias a suscité des échanges nourris. Face à des conditions économiques difficiles et des salaires souvent insuffisants, les intervenants ont plaidé pour une diversification des activités chez les journalistes, en particulier les femmes, afin d’assurer une stabilité financière et professionnelle.
Une situation de précarité généralisée dans les médias
Carole Kpeto, journaliste spécialisée en santé et directrice du Centre de formation et de recyclage en communication (CFRC), a souligné que la précarité financière des journalistes les oblige souvent à chercher des alternatives. « Le salaire que nous gagnons reste insuffisant, il est donc nécessaire de trouver une activité complémentaire pour joindre les deux bouts. Avec les réseaux sociaux, il existe aujourd’hui plusieurs opportunités d’entrepreneuriat, comme la vente en ligne ou la publicité. Ce n’est pas de la magie, mais avec de la détermination, on peut y arriver », a-t-elle affirmé.
Elle a également rappelé que cette démarche est particulièrement difficile pour les femmes journalistes, qui jonglent entre vie professionnelle et responsabilités familiales. « Il faut apprendre à s’organiser et à faire preuve de résilience plutôt que de se résigner face à la précarité », a-t-elle lancé.
La diversification, une solution incontournable
Germain Pouli, directeur de publication de Togo réveil et du Conseil international de l’intelligence artificielle (CONIA), a insisté sur l’importance de diversifier les activités, tant pour les journalistes que pour les entreprises de presse. « Aujourd’hui, les médias sont confrontés à la concurrence du numérique et des réseaux sociaux, ce qui complique leur viabilité économique. Il est crucial que les journalistes et les entreprises de presse adoptent un modèle plus flexible et se tournent vers des activités annexes pour générer des revenus supplémentaires », a martelé M. Pouli
Pour lui, la crédibilité des journalistes face à la montée des fausses informations reste un atout majeur. « Le public cherche des informations fiables. Cela peut être une opportunité pour les journalistes de se positionner comme des sources d’information de confiance, tout en explorant d’autres voies pour améliorer leurs conditions de vie », a-t-il laissé entendre.
Les échanges ont également mis en lumière la nécessité de revoir le modèle économique des médias au Togo. La faible rentabilité, le manque de publicité, et l’incapacité à appliquer la convention collective sont autant de défis qui poussent les journalistes vers des solutions alternatives.
« Ce n’est pas par choix que les employeurs paient mal ou accumulent des arriérés de salaires, mais parce que les entreprises de presse sont en difficulté économique », a expliqué Germain Pouli. Il a exhorté les patrons de presse à exploiter les opportunités offertes par le numérique et à réinvestir dans la formation et la qualité du contenu journalistique.
Des pistes d’action pour un avenir meilleur
Les intervenants ont convenu que, bien que la diversification ne soit pas la solution miracle, elle peut contribuer à atténuer les effets de la précarité. Ils ont aussi insisté sur la nécessité pour les journalistes d’acquérir des compétences en leadership et en gestion d’entreprise pour mieux naviguer dans cet environnement incertain.
Le carrefour de l’AFPM Togo s’est conclu sur une note d’espoir, invitant les journalistes à devenir des acteurs du changement en s’impliquant dans des activités génératrices de revenus, tout en continuant à contribuer au développement socio-économique du Togo.
Rappelons que le thème de cet Act 3 du carrefour des femmes professionnelles des médias était : « La précarité dans les médias au Togo : quelles solutions pour les femmes de médias ».














