“Humanitarium”, c’est le nom du Centre de conférence du Comité international de la croix rouge (CICR) à Genève pour la promotion du Droit international humanitaire (DIH) et autres ensembles de normes pertinentes. C’est ce nom que le bureau Togo du CICR  a donné à une conférence débat organisée le 22 septembre 2021 à Lomé  en faveur des personnes en situation de handicap.

La conférence tire son essence d’un constat amer: les lois existent en faveur des institutions et des personnes handicapées dans les pays de la sous-région mais, des défis majeurs persistent en ce qui concerne la prise en compte des droits de ces personnes.

« Face aux besoins élémentaires que toute la population peut rencontrer, les personnes en situation de handicap sont obligées de demander de l’aide ou d’attendre de l’aide avant d’y parvenir », a rappelé Mikafui Akue Djessoa, cheffe de mission CICR Lomé couvrant le Togo et le Bénin.

Elle regrette que des hôtels, hôpitaux et même des pharmacies ne disposent que des escaliers d’accès et pas des rampes. Ce qui rend difficile l’accessibilité aux personnes vivant avec un handicap moteur.

« Il y a aussi la fracture géographique où on constate qu’il y a beaucoup de handicapés qui sont dans les milieux ruraux qui, soit ne savent pas qu’en allant dans les structures de réadaptation ils peuvent avoir une meilleure vie soit le savent mais la distance à parcourir pour accéder à ces centres est compliqué», a déploré Mikafui Akue.

Le CICR veut aller beaucoup plus loin dans ses actions et mobiliser diverses autres ressources. C’est dans cette perspective que se sont retrouvés à Lomé, des experts du domaine de réadaptation, des représentants des ministères de la santé du Togo, du Bénin et de la Côte d’Ivoire.

A en croire Mme Djessoa, cette rencontre concerne l’inclusion des personnes vivant avec un handicap et essentiellement l’amélioration de leur accès aux soins et services. « Il est aussi question des obstacles que rencontrent ces personnes en terme d’accès aux services, aux infrastructures et aux soins de santé et également réfléchir sur les pistes de solution pour pouvoir améliorer leur conditions de vie ».

Un des panels d’échanges

« Au niveau de CICR, nous, nous contentons de créer les cadres d’échange avec les experts et les acteurs pour proposer des solutions. Il y aura également de partage d’expérience sur ce qui se passe ailleurs qui pourrait inspirer d’autres pays », a précisé la cheffe de mission CICR au Togo et au Benin.

Rappelons que ces acteurs se sont regroupés autour du thème ‘’Inclusion des personnes en situation de handicap : améliorer les accès aux services’’.

Plusieurs sous-thèmes ont été aussi abordés. D’abord « Gouvernance : intégrer la réadaptation dans les politiques de santé des gouverneurs » avec Claude Tardif un orthésiste-prothésiste de profession et Komivi Germain Ayassou le président de la Fédération togolaise des associations de personnes handicapées (Fetaph-Togo). Ce thème a permis de cogiter sur les processus pour l’amélioration de l’accès physique et financier aux services de réadaptation avec un clin d’œil au coût des services en adéquation avec la capacité financière des usagers.

Ensuite : « Inclusion des personnes en situation de handicap » qui a permis de revenir sur Comment limiter les obstacles sociaux, économiques et systémiques pour un meilleur accès de santé, à la formation et à l’insertion professionnelle. Ce panel a été mené par Niang Masse, directeur exécutif de l’Organisation africaine pour le développement des centres pour personnes handicapées (OADCPH)- Togo et Dr Germain Maberou Houngbedji qui est un enseignant-chercheur et coordonnateur des études à l’Ecole supérieure de Kinésithérapie au Bénin.

« Accessibilité aux soins de santé, aux services sociaux et à l’activité professionnelle des personnes en situation de handicap » est le troisième sous-thème. Le débat a été mené par Leslie Angama, spécialiste de programme réhabilitation physique PRP+Génève et Dr Abdouramane Coulibaly, membre fondateur de l’ONG Debout – Côte d’Ivoire.

Voltic Togo