Babamassim François Boukpessi

Les problèmes fonciers ont l’oreille dure au Togo. Ils représentent 80% des litiges devant les cours et tribunaux du Togo, selon la Commission vérité justice et réconciliation (CVJR). Un autre problème de double vente est en train de se greffer au lot. Au centre, un certain Babamassim François Boukpessi.

Les faits se déroulent dans la préfecture de Zio, à Gamé Seva. Le sieur Boukpessi a procédé à l’achat d’un domaine de 40 hectares. Mais, il ressort que 15 des 40hectares font objet de double vente. Le premier acquéreur Justino Kokou Agbonon a procédé à son achat le 20 août 2020 auprès du géomètre-topographe Yao Amegan à qui cette aire a été donnée par les collectivités ATIDJE et TOKO pour payer ses honoraires.

15 hectares de son domaine acheté ont fait l’objet d’une double-vente au sieur Boukpessi. Contacté, le premier acquéreur indique que M. Boukpessi, après a reconnu être le second acquéreur et a dit n’avoir aucun problème avec lui.

« J’ai ensuite déposé une plainte auprès du Procureur du Tribunal de Tsévié pour double vente, complicité de double vente et escroquerie. Là, le Procureur a renvoyé le dossier en civil et nous a exhortés en tant qu’acheteurs à trouver un compromis afin de pouvoir jouir de notre patrimoine puisque nous sommes appelés à être des voisins », précise M. Agbonon.

Une des bornes délimitant la propriété du sieur Agbonon

M. Agbonon confie que des bornes qu’il avait placées ont été déterrées indexant Kokou Bokovi, un géomètre topographe de M. BOUKPESSI. Les bornes ont été remises sur ordre du Procureur et demandé aux différentes parties de trouver un compromis.

Une date fut fixée à cet effet, le 23 Avril 2021 sur le site, à Game Seva. Après des échanges houleux qui ont duré plus de 2 heures, M. Boukpessi aura émis le vœu d’avoir juste un chemin pour aller sur son terrain et les 15 hectares objet de litige devraient lui être rétrocédés sur un autre côté par les collectivités.

Le procès-verbal qui devrait confirmer ce compromis s’est heurté au refus de deux avocats des collectivités arguant que le plan devra être refait d’abord.

« Les avocats ont demandé qu’on leur accorde le bénéfice du doute malgré notre insistance, qu’ils maitrisent leur travail et que sans le plan refait au préalable, ce sera peine perdu », raconte un témoin de M. Agbonon.

La séance de concertation le 23 avril 2021 sur le site

L’autre fait marquant est que des constructions entamées sur le site ont été démolies avec menaces de la part du géomètre de M. Boukpessi.

M. Agbonon dit y voir une mauvaise foi de la part du second acquéreur qui dit-il, fait tout piétiner. Joint au téléphone par Africa rendez-vous, M. Boukpessi demande à se référer plutôt aux avocats des collectivités. “J’attends aussi le procès-verbal et le visage qu’aura mon terrain“, a-t-il répondu. Pourquoi retourner vers des collectivités alors que l’accord est déjà trouvé entre les deux parties en conflit? “(…) c’est une longue histoire…“, a-t-il conclu.

Voltic Togo