Le dernier rapport du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), publié le 10 octobre 2024, en amont de la Journée internationale de la fille, célébrée le 11 octobre, met en lumière une statistique alarmante. Plus de 370 millions de filles ont subi un viol ou une agression sexuelle durant leur enfance. Si ces chiffres sont accablants, ils occultent souvent une autre réalité tout aussi préoccupante, celle des garçons qui en sont également victimes.
Une prévalence troublante pour les garçons
Si une femme sur huit a subi un viol ou une agression sexuelle avant l’âge de 18 ans, entre 240 et 310 millions de garçons, soit environ 1 sur 11, en ont subi aussi été victimes avant leur 18 ans. Ce chiffre grimpe à 410-530 millions lorsqu’on inclut les formes de violences sexuelles sans contact physique, telles que les agressions en ligne ou verbales. Malgré cette prévalence élevée, les violences envers les garçons restent souvent largement sous-représentées dans les discussions et les politiques de prévention.
Pour l’UNICEF, il est essentiel de noter que les garçons, tout comme les filles, sont exposés à un risque accru dans des contextes fragiles, notamment les zones de conflit. « Dans ces environnements, où règne souvent l’impunité, les violences sexuelles sont utilisées comme armes de guerre, touchant aussi bien les jeunes garçons que les jeunes filles », déplore Catherine Russell, Directrice générale de l’UNICEF.
Des lacunes dans la collecte des données
L’une des raisons pour lesquelles les violences sexuelles envers les garçons sont moins abordées est le manque de données fiables. L’UNICEF souligne que les enquêtes sur ce sujet sont insuffisantes, surtout en ce qui concerne les violences sans contact physique. Cette invisibilité statistique renforce un tabou social qui empêche beaucoup de garçons de dénoncer les abus, ce qui amplifie le traumatisme.
A l’occasion de la Journée internationale de la fille, l’UNICEF a invité les gouvernements à renforcer leurs lois pour protéger les enfants contre toutes formes de violence, tout en développant des systèmes de soutien pour aider les survivants, qu’ils soient de sexe masculin ou féminin, à se reconstruire et à éviter d’autres abus.















