Le football africain a déjà pris son envol depuis des années maintenant. Des joueurs africains ont la chance de jouer et de côtoyer les plus grands de ce sport de l’autre côté de l’atlantique. Mais la question est de si savoir les transferts de nos frères effectués sont toujours faits dans les règles.

Dans un ouvrage intitulé “Magique système, l’esclavage moderne des footballeurs africains”, Barthélémy Gaillard et Christophe Gleizes, deux journalistes français révèlent les revers sur les transferts des joueurs du football en Afrique. Une situation qu’ils qualifient de « traite opaque » et de « cynisme » dans un entretien accordé à la Radio France internationale (RFI).

Selon les deux journalistes, cette “traite” est due au manque de moyen financier de l’Afrique qui l’empêche de retenir ses joueurs au moins jusqu’à l’âge de 23 ou 24 ans. Une remarque qu’ils ont illustrée par l’exemple de trois jeunes joueurs Maliens à qui ils ont promis un essai dans un club de premier ordre en Europe pour un salaire de 3.000 euros, environ 2 millions de francs CFA. Pour ces jeunes maliens la perspective de gagner cette somme était déjà énorme.

« Des personnes spéculent sur la valeur d’un très jeune être humain, comme il pourrait le faire sur un kilo de noix de coco, une once d’or ou un baril de pétrole » a souligné Barthélémy Gaillard l’un des écrivains qui qualifie ces recruteurs de cyniques.

Pour lui, les responsables de cette traite sont d’abord les clubs européens qui monopolisent ces joueurs pour les revendre à des “sommes mirifiques” deux ou trois ans plus tard. Ensuite, il y a les instances du football africain, européen et mondial qui ferment les yeux sur ces écarts.

Notons que Barthélémy Gaillard et Christophe Gleizes disent avoir passé plusieurs mois à sillonner sept pays d’Afrique. Ce qui leur a permis de titrer les 194 pages de Magique système, l’esclavage moderne des footballeurs africains. Ces pays sont le Togo, la République démocratique du Congo, le Sénégal, la Gambie, le Mali, la Côte d’Ivoire et le Ghana.