Une campagne de 16 jours d’activisme se poursuit au Togo pour lutter contre les violences faites aux femmes. L’initiative, lancée le 27 novembre 2018 à Lomé, émane des organisations de la société civile, rassemblées au sein de la plateforme “Halte aux violences faites aux femmes”.

«Pour cette campagne, nous avons choisi particulièrement la violence sexuelle à l’endroit des femmes », a laissé entendre la coordinatrice des organisations féminines du Togo, Honorine Honkou. Selon ses explications, les conséquences de ce phénomène sont très ravageuses pour la vie des femmes et des filles.

Pour elle, la violence sexuelle est un phénomène qui, aujourd’hui prend de l’ampleur dans nos familles, dans nos maisons ainsi que dans nos communautés. Elle insiste que si ce phénomène n’est pas résolu c’est toute la société togolaise qui ne va pas évoluer.

Selon Honkou, tout acte sexuel fait sans consentement est un viol. « Dans nos maisons, ce sont les enfants de 8mois, 9 ans, et de petites filles de 12 à 13 ans  qui sont victimes de violence des hommes et de leur papa», a-t-elle déploré.

De façon unanime, ces organisations de la société civile estiment que si la sensibilisation n’est pas faite, les victimes vont penser que c’est un phénomène normal les parents étant les modèles pour les enfants.

« Les femmes n’ont pas de mots pour en parler parce que nous sommes dans une société patriarcat qui exige de la femme de ne pas parler. Donc elles ne sont pas habituées à parler du sexe parce-que c’est une question taboue.  Il va falloir que nous arrivions à démystifier le sexe dans la pensée des femmes » a affirmé la coordinatrice.

« Toute famille qui subit ces genres de viol, doivent porter plainte pour l’avenir de leurs enfants. Nous voulons porter à la connaissance de ces femmes que le fait de parler de ce phénomène n’est pas un tabou. Il y a aussi des dispositifs de la loi et des organisations féminines de la société civile qui protègent ces  enfants contre ce phénonème et ils sont là pour les accompagner » a-t-elle ajouté.