Des manifestations lancées par l’opposition à Khartoum au Soudan ont été une fois encore réprimées dans le sang. Au moins 9 morts, ce lundi 3 Juin 2019 pendant qu’un autre bilan provisoire porte le nombre de morts à 13 et 116 blessés.

Selon le Comité central des médecins soudanais, proche du mouvement de contestation, les forces de l’ordre ont tiré dans l’hôpital Charq-al-Nil et empêchent l’accès au Royal-Care, un autre établissement hospitalier de la capitale. “Le bilan des martyrs du massacre d’aujourd’hui est passé à neuf, après le décès de quatre nouvelles personnes”, a déclaré le Comité dans un communiqué, disant craindre de d’autres victimes.

L’armée soudanaise a nié avoir dispersé le sit-in “par la force” mais, des images amateurs diffusées sur les réseaux sociaux montrent des corps habillés tirant des armes à feu.

Nous annonçons l’arrêt de tout contact politique et des négociations avec le Conseil putschiste“, a indiqué dans un communiqué l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, appelant à “la grève et la désobéissance civile totale et indéfinie à compter d’aujourd’hui“.

Depuis le 6 avril 2019, des milliers de manifestants campent devant le siège de l’armée. Après avoir demandé le soutien des militaires contre le président Omar el-Béchir, ils réclament désormais le départ du pouvoir des généraux.

Des négociations entre les deux camps visant à former un Conseil souverain, censé assurer la transition politique pour trois ans, ont échoué le 20 mai. Depuis lors, le Conseil militaire a dénoncé des débordements autour du sit-in, les qualifiant de “menace pour la sécurité et la paix publiques”, et a promis d’agir “avec détermination” pour faire cesser cette situation.

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