La communauté internationale se nourrit manifestement du sang. Elle ne digère peut-être pas facilement le sang des animaux, c’est pourquoi elle préfère voir couler du sang humain. Après avoir crée de toute pièce le chaos en Libye, cette communauté internationale désormais prise au piège dans le conflit tente de reprendre la main. Elle multiplie sans succès des initiatives sans arriver à empêcher l’Etat Islamique à prendre solidement pied dans les bourbiers de Tripoli, de Benghazi, de Sytre ou de Tobrouk. Du vivant du Guide Mouammar Khadafi, le scénario en cours ne pourrait être envisagé avec autant de facilité.

En seulement quelques années, l’un des plus grands producteurs de pétrole du continent et l’argentier par excellence sur le continent noir emprunte dangereusement la voie tracée tout à côté par la Somalie. C’est une voie dangereuse, mais elle a eu toute son influence sur les protagonistes libyens. Les observateurs parlent facilement de la « somalisation » d’un territoire jadis tenu d’une main de fer par l’ancien régime de Tripoli. C’est cette gouvernance que les occidentaux avaient fini par présenter dans un passé récent comme étant un véritable démon aux portes de l’Europe. Le démon anéanti, une hydre à plusieurs têtes à vite pris la place.

Réunies il y a quelques semaines à Vienne en Autriche, les grandes puissances entendent armer le gouvernement libyen à faire face plus efficacement à l’Etat Islamique. Les Occidentaux continuent de faire croire à l’humanité que la menace terroriste islamique est devenue la plus grande priorité de notre temps. Ils ouvrent sans ménagement des zones de conflits. De l’Afghanistan au Pakistan en passant par l’Irak et la Syrie, ils font entendre les bruits des armes. Ils oublient de préciser d’où viennent les combattants de ce tristement célèbre Etat Islamique. Dans le conflit en cours en Libye, cette communauté internationale oublie d’insister et de reprendre comme un refrain, le rôle hautement stratégique et hautement dévastateur que l’ancien Président français Nicolas Sarkozy à jouer dans la destruction de ce pays. Ils oublient de comparer le nombre de victimes engendrées depuis 2011 par le conflit libyen à la dernière guerre civile en Côte d’Ivoire et dont les retombées ont conduit Laurent Gbagbo à la Cour Pénale Internationale. Justement, la Cour Pénale Internationale censée jugée les crimes de guerre et des crimes de génocides participe passivement à son instrumentalisation par les Grandes Puissances.

Au moment où partout sur le continent on charge désespérément à se barricader pour se protéger contre les menaces islamistes, l’un des principaux responsables de la guerre en cours Libye  cherche à s’offrir une nouvelle candidature pour la présidence française. Comment comprendre un tel degré de mépris vis-à-vis d’un continent que les grandes puissances sont pourtant promptes à désigner comme un partenaire ? Ce drôle de partenariat doit être compris et sans doute revu par la nouvelle génération de dirigeants politiques africains. En Afrique, il existe déjà trop de fléaux pour encourager l’envoi de nouvelles cargaisons d’armes à feu.