Kwassi Assiba Bioba Johnson

Kwessi Biova Assiba Johnson, défenseur des droits de l’homme a finalement été jugé ce 12 décembre 2018 à Lomé. Placé sous mandat de dépôt depuis le 6 Avril 2018, le président du Regroupement des jeunes africains pour la démocratie et le développement (REJADD) écope de 18 mois d’emprisonnement dont 6 avec sursis.

Joint au téléphone par la rédaction d’Africa rendez-vous, l’un des avocats, Claude Amegan ne cache pas son insatisfaction. « Nous estimons que l’infraction n’est pas constituée puisque le Procureur n’avait pas lui-même nié qu’il y avait des morts ».

Le rapport du REJAAD et du Réseau africain pour les initiatives de droits de l’homme et de solidarité (RAIDHS) évoquaient plus de 100 morts et avaient souligné les prétendues conditions dans lesquelles les différentes victimes ont été ruées de coups  par l’armée et la milice qualifiée de “groupe d’auto-défense”.

Selon les explications de la défense, le Procureur estime que Assiba a pu avoir les preuves pour les 20 morts et non pour les 80 autres. « Quand on lit le texte sur lequel ils fondent l’infraction, en réalité, cela ne punit que des déclarations mensongères. Or en matière de rapport des droits de l’homme, on ne peut pas déterminer avec exactitude, le nombre de morts. Même le rapport des Nations Unies sur les évènements de 2005 au Togo parle de 400 à 500 morts sans donner de chiffres exacts. C’est toujours un intervalle qui est évoqué », argue l’avocat.

Me Claude Amegan

« Nous ne sommes pas satisfaits et nous estimons que c’est un dossier politique », a conclu Me Amegan.

Assiba a déjà fait 8 mois en prison, il devra rester derrière les barreaux pendant 4 mois encore. La cosignataire du rapport écope elle, de 24 mois d’emprisonnement ferme et un mandat d’arrêt a été délivré contre elle.

Outre Assiba Johnson, d’autres personnes arrêtées lors des manifestations politiques au Togo ont été jugées ce jour, mais sans assistance. « Même sur le cas de Assiba, on n’avait pas été averti, ce n’est que ce matin que nous l’avons découvert dans le box », raconte Me Amegan.

Les militants du mouvement Nubueke quant à eux, n’ont pas été jugés, leur cas serait projeté vers les assises.