Par 49,80 % contre 48, 23 %, le Président sortant du Gabon Ali Bongo a officiellement gagné l’élection présidentielle devant son rival Jean Ping. Sauf surprise de dernière minute, c’est le fils de l’ancien président Omar Bongo qui va continuer de diriger le Gabon durant les 7 prochaines années. Mais le dénouement du processus électoral gabonais comme celui de plusieurs autres pays africains reposent une seule et même question à savoir : l’état de la démocratie sur le continent surtout dans l’espace francophone.

Pourquoi est-ce que les périodes électorales restent des moments redoutés dans les Etats africains ?  En vérité, l’élection présidentielle est le scrutin phare dans toutes les démocraties du monde. D’où, toute la tension et la crispation qui l’entourent. Malheureusement, ces tensions et crispations sont doublées en Afrique par une volonté de conservation du pouvoir qui donne un caractère particulier aux présidentielles sur le continent.

Si quelques pays commencent par réussir à gagner le pari de l’organisation d’un scrutin apaisé et surtout démocratique comme au Benin ou au Sénégal, le défi reste entier dans bons nombres de pays francophones. Dans ces pays, les résultats sont surtout contestés. Sur cette liste figure la Côte d’Ivoire, le Togo, la Guinée, le Cameroun, le Tchad ou encore le Congo. Et pourtant, le continent a fait le choix de la démocratie et donc de la transparence depuis deux décennies déjà.

Au Gabon, les observateurs s’attendaient à tout sauf au scénario proposé au final par le pouvoir et l’opposition. Les observateurs s’attendaient à une probable « réélection » du Président Ali Bongo mais ils ne s’attendaient pas à un résultat si serré. Ils ne s’attendaient pas à ce qui ressemble à un tour de passe-passe autour du vote dans la Province de Haut-Ogoué fief du Président Bongo. Passée la surprise, les observateurs s’attendaient néanmoins aux différentes prises de positions de la communauté internationale. De Paris à Washington en passant par Bruxelles, les grandes puissances appellent à la retenue et surtout à la transparence. De quelle transparence s’agirait-il après la proclamation des résultats par des instances habiletés à conduire le processus électoral ? Il s’agit là encore d’un grand classique connu en Afrique.

Ailleurs, une citation résume si bien la situation « le chien aboie la caravane passe ». Pour l’Afrique francophone, il va falloir repenser l’organisation des processus électoraux depuis les inscriptions sur les listes jusqu’à la transmission et la proclamation des résultats provisoires puis définitifs. En invitant au Gabon ceux qui « ont perdu » à saisir les instances chargés de traiter des questions de contentieux électoraux, les soutiens du pouvoir de Libreville savent très bien que sur le continent, les requêtes introduites au lendemain des scrutins prennent inexorablement les mêmes chemins. Si elles ne pas déclarées nulles, elles sont justes rejetées.  Comme le dit un proverbe gabonais « le mensonge est bien mauvais car le menteur lui-même ne l’aime pas ».

Comme un tremblement de terre, les répliques sont sans doute attendues en RDC, où une nouvelle présidentielle est en cours de préparation.