Photo utilisée à titre d'illustration

Abidjan retrouve son calme. Calme précaire du moins, après quelques heures de mutinerie. Des Abidjanais contactés sur place par la rédaction d’Africa rendez-vous font état d’un calme précaire devant le camp Gallieni et le ministère de la défense.

Dans le quartier du Plateau à Abidjan, les mutins qui avaient ébranlé la Côte d’Ivoire en janvier, s’étaient positionnés autour du vaste camp militaire Gallieni où est situé l’état-major des armées. Kalachnikov à la main, bonnets ou bandeaux de camouflage sur la tête, ils tiraient sporadiquement en l’air, bloquant les routes autour du camp. La raison de leur colère, c’est une émission télévisée diffusée jeudi, où un sergent mutin et des soldats déclarent la fin des contestations, en présence du président Alassane Ouattara.

Mécontents après l’annonce télévisée faite par un groupe de militaires sur le « renoncement » à leurs revendications financières, les soldats qui avaient ébranlé la Côte d’Ivoire en janvier, ont repris les mutineries ce vendredi en tirant en l’air et en paralysant plusieurs villes du pays.

Les soldats mutins d’Abidjan ne reconnaissent pas ceux qui ont parlé en leur nom sur le petit écran. « Un groupuscule se lève et dit qu’il ne veut plus l’argent. Le sergent Fofana-là (le nom du sergent à la cérémonie), on le connaît d’où ? », souligne un homme. Les mutins avaient réclamé 12 millions de francs CFA de primes et obtenu le versement dès janvier de 5 millions . On leur avait promis de payer les 7 millions restants par tranche à partir de ce mois de mai.

Ces anciens rebelles avaient aidé Ouattara à prendre le pouvoir après la crise post-électorale de 2010-2011 lorsque le président Laurent Gbagbo avait refusé de reconnaître sa défaite électorale. Début janvier, la mutinerie avait paralysé plusieurs villes, notamment Abidjan.

Des affrontements avaient fait quatre morts à Yamoussoukro. Le président Ouattara a rappelé jeudi que la « stabilité de la Côte d’Ivoire a été mise à mal » et les événements avaient « effrayé les Ivoiriens, ceux qui veulent investir et visiter le pays ».