C’est une scène surprenante à laquelle assiste le monde en Algérie. Revirement total, l’armée entre en jeu. Le chef d’état-major de l’armée demande de déclarer Abdelaziz Bouteflika inapte.

Le chef d’état-major de l’armée algérienne, le général Ahmed Gaïd Salah a demandé, mardi 26 mars, que soit engagée la procédure de l’article 102 de la Constitution, prévue dans le cas où le président de la République « se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions pour cause de maladie grave et durable ».

L’ancien chef de gouvernement, Ali Benfils, le chef de file du plus grand parti islamiste du pays Abderrazak Makri, et d’autres personnalités d’opposition avaient déjà demandé début 4 Mars 2019, l’application de l’article 102 de la Constitution algérienne, qui prévoit de déclarer la vacance du pouvoir lorsque l’état de santé du président ne lui permet plus d’exercer ses fonctions.

Dans un discours retransmis à la télévision nationale mardi, le général Gaïd Salah, un proche d’Abdelaziz Bouteflika, a salué le « caractère pacifique » et le « civisme » des manifestations du peuple algérien ces dernières semaines pour exiger des changements politiques.

Mais il a souligné que « ces marches pourraient être exploitées par des parties hostiles et malintentionnées ». « Dans ce contexte, conclut-il, il devient nécessaire, voire impératif, d’adopter une solution pour sortir de la crise, qui répond aux revendications légitimes du peuple algérien, et qui garantit le respect des dispositions de la Constitution et le maintien de la souveraineté de l’Etat. »